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Paris,
Genève, 27 janvier 2003
L'Observatoire
se félicite de la libération de M. N'sii Luanda
Shandwe, président du Comité des observateurs
des droits de l'Homme (CODHO) et de Me Willy Wenga Ilombe, avocat,
membre du Centre africain pour la paix, la démocratie
et les droits de l'Homme (CAPD) intervenue le dimanche 26 janvier
2003 sur ordre verbal du Président de la République
Démocratique du Congo.
Messieurs
N'sii Luanda Shandwe et Willy Wenga Ilombe ont été
détenus respectivement 9 et 11 mois au Centre pénitentiaire
et de rééducation de Kinshasha (CPRK) sur ordre
de la Cour d'ordre militaire (COM) sans qu'aucune charge ne
soit prononcée contre eux et sans avoir été
auditionnés par un tribunal. Il leur aurait été
reproché d'être en contact avec des personnes suspectées
de porter atteinte à la sécurité nationale,
notamment dans le cadre du procès des présumés
auteurs de l'assassinat de l'ancien chef de l'Etat, M. Laurent-Désiré
Kabila.
M. N'sii
Luanda Shandwe, a été arrêté le 19
avril 2002, lors d'une perquisition de son domicile. Sur le
motif de trahison, deux inspecteurs de la COM ont fouillé
sa maison, saisi des documents et l'ont emmené pour interrogatoire
à la COM. Il a été interrogé sur
son organisation, ses activités, son voyage à
Genève et ses relations avec M. Bisimwa, étudiant
anciennement arrêté et détenu pour "
atteinte à la sûreté d'Etat ".Après
avoir subi un second interrogatoire le lendemain de son arrestation,
M. N'sii Luanda a été placé au CPRK. Aucune
charge formelle n'a été prononcée contre
lui. Faisant suite à un courrier que M. N'sii Luanda
avait adressé le 14 mai au Président de la COM,
pour demander des explications sur sa détention, le Parquet
général lui a répondu le 23 septembre que
le dossier demeurait " en cours d'instruction ". Il
a été interrogé à plusieurs reprises
par un magistrat instructeur, mais à chaque fois en présence
d'un conseiller du ministre de la Sécurité et
de l'ordre public, ce qui porte atteinte au déroulement
impartial de la procédure. Le 12 juin 2002, un certificat
médical attestant qu'il souffrait de douleurs appendiculaires
et de palpitations cardiaques, recommandant un suivi médical
à l'extérieur du centre de détention, a
été transmis au Procureur général
militaire. Il n'a cependant été hospitalisé
que le 20 septembre 2002 et opéré le 26 du même
mois. Il a ensuite été reconduit au CPRK. Ne recevant
pas les soins appropriés et au regard de la dégradation
de son état de santé, M. N'sii Luanda Shandwe
avait entamé une grève de la faim mi janvier 2002.
M. N'sii
Luanda avait déjà été arbitrairement
détenu du 5 juin au 7 septembre 2001, pour des motifs
similaires. Aucune charge formelle n'avait été
formulée à son encontre. Il avait été
libéré par ordonnance de mainlevée du Procureur
général de la République.
Me Willy
Wenga Ilombe a été arrêté le 20 février
2002. Le 22 février, il a été interrogé
par quatre magistrats militaires et transféré
au CPRK. Il n'a jamais plus été interrogé.
Une mission
qui s'était rendue à Kinshasa début octobre
2002 avait pu rencontrer en prison Me Wenga Ilombe et M. N'sii
Luanda. La mission a constaté que Me Wenga Ilombe était
très éprouvé, tant physiquement que nerveusement.
Si l'Observatoire
se félicite de la libération de deux défenseurs
des droits de l'Homme arbitrairement détenus et pour
lesquels il est intervenu à plusieurs reprises auprès
du gouvernement comme de l'ONU et de la Commission africaine
des droits de l'Homme et des Peuples, la FIDH et l'OMCT restent
préoccupés par les menaces et entraves récurrentes
dont sont l'objet les militants des droits humains au seul titre
de leur engagement en faveur de la défense des libertés
fondamentales. Récemment l'Observatoire est notamment
intervenu à la suite des pressions dont ont été
l'objet en décembre 2002 M. Fernandez Murhola, animateur
de COJESKI/RDC et chargé de programme du RENADHOC et
Floribert Chebeya, président de la Voix des Sans Voix.
Ce dernier a été convoqué à deux
reprises par la COM et ce en liaison avec les dénonciations
de la VSV quant au déroulement du procès à
huis clos des présumés auteurs de l'assassinat
de l'ancien chef de l'Etat. L'Observatoire rappelle qu'en janvier
2003, à l'issue d'un procès inique, 15 personnes
ont été exécutées. Les autres condamnés
à mort ou à perpétuité seraient
l'objet de conditions carcérales particulièrement
précaires.
Aussi, l'Observatoire
appelle le gouvernement de Kinshasa à garantir en toutes
circonstances la liberté d'action des défenseurs
des droits de l'Homme telle que garantie notamment par la Déclaration
sur les défenseurs des droits de l'Homme de l'ONU.
The Observatory,
an FIDH and OMCT venture, is dedicated to the protection of
Human Rights Defenders and aims to offer them concrete support
in time of need.
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Tel: FIDH: 33 (0) 1 48 05 82 46
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