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Paris, le 14 avril 2003
- La FIDH se félicite de la signature à Sun
City en Afrique du Sud le 2 avril 2003 de l'Accord global et
inclusif sanctionnant la fin de la guerre sur toute l'étendue
de la République Démocratique du Congo et de la
promulgation le 4 Avril 2003 de la nouvelle constitution de
transition.
Le 7 avril
Joseph Kabila a pris officiellement ses fonctions de chef de
l'Etat de la transition. Selon les Accords de Sun City, quatre
vice-présidents doivent dorénavant être
désignés par les principaux groupes rebelles,
l'opposition civile et l'actuel gouvernement pour une période
transitoire de deux ans avant la tenue d'élections nationales.
La FIDH
rappelle à cet effet la demande formulée aux différentes
parties congolaises par le Conseil de Sécurité
dans sa résolution 1468 du 20 mars 2003 de " tenir
compte, lorsqu'elles choisiront les candidats aux postes clefs
dans le gouvernement de transition, [
] de leurs actions
passées en ce qui concerne le respect du droit international
humanitaire et des droits de l'Homme ".
Cette exigence
prend toute signification au regard des conflits meurtriers
et des violations graves aux Conventions de Genève de
1949 qui se perpétuent dans le pays plus particulièrement
dans l'est du pays :
Après
avoir vivement condamné les massacres et actes d'anthropophagie
commis contre la population pygmée d'Ituri par les hommes
du Mouvement de Libération du Congo de Jean-Pierre Bemba,
la FIDH condamne avec la plus grande vigueur le massacre survenu
le 3 avril dernier dans la même région de plusieurs
centaines de civils (entre 150 et 350 morts selon la MONUC),
membres de l'ethnie Hema, par des assaillants présumés
du groupe ethnique rival, les Lendu.
Par ailleurs,
la FIDH dénonce le retour des forces rwandaises dans
les provinces du Nord et du Sud Kivu et en Ituri. La FIDH dénonce,
en outre, la présence de troupes ougandaises en Ituri
qui aggrave les tensions entre les différentes parties
au conflit et contribue à la détérioration
de la situation sécuritaire dans cette région.
Ces agressions bloquent le processus de désarmement des
groupes armés tel que prévu par les Accords de
Lusaka signés par les parties congolaises, l'Ouganda
et le Rwanda en 1998 et violent ses dispositions quant au retrait
des forces étrangères du sol congolais.
La FIDH
condamne fermement ces violations flagrantes du droit international
humanitaire dont les populations civiles sont les premières
victimes et qui hypothèquent les efforts politiques de
règlement global du conflit en RDC.
La FIDH
appelle à la création immédiate d'une commission
internationale d'enquête pour faire la lumière
sur les massacres perpétrés en Ituri depuis le
début de l'année et rendre ses conclusions au
Conseil de Sécurité.
Dans cette
perspective, la FIDH soutien les travaux de la Commission de
pacification de l'Ituri, sous l'égide de la MONUC, qui
doit parvenir à établir les bases pour un départ
ordonné des troupes ougandaises avant fin avril et la
réunification de cette province déchirée
au reste du pays.
La FIDH
condamne les appels à l'amnistie pour les crimes de guerre
repris par le Président Joseph Kabila dans son discours
inaugural le 7 avril dernier. La FIDH rappelle que les responsables
des récents massacres pourront, comme le souligne le
Haut Commissaire au Droit de l'Homme, Sergio Vieira de Mello,
être accusés devant la Cour pénale internationale.
La FIDH se réserve d'ailleurs le droit conformément
à l'article 15.1 du Statut de la Cour de porter cette
situation à la connaissance du procureur.
La FIDH
appelle toutes les parties au conflit à respecter le
droit international humanitaire et rappelle leur impérieuse
obligation de protéger les populations civiles.
Enfin, la
FIDH exige, à l'instar du Conseil de Sécurité
dans sa résolution 1468, que tous les gouvernements des
Grands Lacs mettent immédiatement fin à leur soutien
militaire et financier à toutes les parties engagées
dans les conflits armés dans la région de l'Ituri
et doivent retirer leur troupe de ce territoire.
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