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Paris
- 09 janvier 2003
Le mardi
7 janvier 2003, le général Nawele Mukongo, président
de la Cour d'Ordre Militaire (COM) annonçait son verdict
lapidaire dans l'affaire concernant l'assassinat du président
Laurent-Désiré Kabila : 30 condamnations à
mort, 29 condamnations à perpétuité, 45
acquittements. Décisions non susceptibles d'appel !
Si de concert avec ses organisations membres en RDC, la FIDH
exprime sa satisfaction quant au prononcé d'acquittement
des femmes arrêtées à la place de leurs
époux, la FIDH condamne vigoureusement les sentences
capitales ordonnées par la COM contre 26 des 135 inculpés
et réitère sa plus vive opposition à la
peine de mort.
A l'aune des nombreuses irrégularités pénales
et violations aux normes internationales relatives à
la protection des droits de l'homme perpétrées
à l'occasion de ce procès, le verdict souffre
inévitablement de discrédit :
- Initialement instituée pour réprimer l'indiscipline
au sein de l'armée et répondre aux urgences de
sécurité, la COM est devenue, suite à l'assassinat
de l'ancien Président Kabila en janvier 2001, un instrument
de répression systématique à l'égard
des acteurs politiques et de la société civile.
Des journalistes, défenseurs des droits de l'Homme, responsables
religieux, opposants politiques et militaires supposés
complices dans l'assassinat du président ont été
arrêtés et détenus, souvent de manière
arbitraire, parfois sur simple dénonciation.
- Violences et intimidations contre les ONG de défense
des droits de l'Homme et les avocats de la défense durant
la tenue du procès ont été a plusieurs
reprises condamnées par la FIDH (cf. appel urgent RDC
007 / 1002/ OBS 061 de l'Observatoire).
- La procédure judiciaire s'est déroulée
en violation manifeste des instruments internationaux de protection
des droits de l'Homme liant la RDC, notamment concernant les
droit de la défense et le droit à un procès
équitable, visés par le Pacte international relatif
aux droits civils et politiques.
Par ailleurs, clôturant des audiences tenues à
huis clos, le verdict de la COM ne répond en rien à
l'exigence de vérité sur l'assassinat de l'ancien
président. Si le meurtrier est connu - le garde du corps
de l'ancien chef d'Etat, Rashidi Mizele - les zones d'ombres
demeurent, notamment sur les commanditaires du crime. En laissant
l'enquête sur l'assassinat de Kabila ouverte, on peut
s'attendre à d'autres arrestations et condamnations organisées
dans des conditions aussi critiquables que lors de ce procès.
La FIDH appelle les autorités congolaises à réinstaurer
d'urgence le moratoire sur la peine de mort levée le
23 septembre dernier et demande au chef de l'Etat de commuer
les condamnations à mort en peines de prison. La FIDH
rappelle également la nécessaire démilitarisation
de la justice congolaise, notamment par la suppression de la
COM, pour affirmer le respect des normes internationales relatives
aux droits de l'Homme obligeant la RDC, notamment les droits
de la défense et le droit à un procès équitable.
Enfin, la FIDH tient à dénoncer les menaces et
intimidations dont sont actuellement victimes les défenseurs
des droits de l'Homme, dans le but de museler toute contradiction
au régime en place.
Contact presse : Sidiki Kaba, président de la FIDH :
+33-6 88 88 11 88
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