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Paris, le 30 mai 2003
La Fédération internationale des ligues des droits
de l’Homme (FIDH) appelle les autorités malaisiennes
à procéder à la libération de six
dirigeants du mouvement réformateur, la période
de leur détention arrivant à son terme le 1e juin
2003.
Il s’agit de : Tian Chua, vice-président du parti
Keadilan (Parti national de Justice), dirigeant syndical et
étudiant, Saari Sungib, haut responsable du parti Keadilan,
Mohamed Ezam Mohd Noor, chef de la section jeunesse du parti
Keadilan, Hishamuddin Rais, réalisateur, Lokman Adam,
membre de la section jeunesse du parti Keadilan, et Dr. Badrulamin
Bahron, membre du Comité central du parti Keadilan.
Tous les six ont été arrêtés en
avril 2001 à la veille de la commémoration du
premier anniversaire de la détention de l’ancien
premier ministre Anwar Ibrahim, et sont détenus en vertu
de l’Internal Security Act (1960). Cette loi, qui s’inscrit
en violation flagrante des principaux instruments internationaux
de droits de l’Homme, permet une détention illimitée
et sans jugement, pour atteinte à la sécurité
nationale.
Malgré le fait que la Cour fédérale avait,
en septembre 2002, considéré que la première
période de leur détention était illégale
et relevait de « mauvaise foi », malgré une
demande de libération effectuée par la Commission
nationale des droits de l’Homme et une recommandation
émanant du Bureau Consultatif de l’ISA en faveur
de leur libération, les six opposants restent arbitrairement
détenus au camp de détention de Kamunting. Ils
n’ont pas d’accès à un avocat et sont
l’objet d’actes d’intimidation récurrents.
Le délai de leur détention expire le 1er juin
2003. Selon les dispositions de l’ISA, le ministre de
l’Intérieur est toutefois en mesure de décider
de la libération des prisonniers ou de la reconduction
de leur condamnation pour une période de deux ans.
La FIDH estime que la détention continue de ces personnes
ne relève aucunement de la protection de la « sécurité
nationale », mais vise uniquement à neutraliser
des opposants politiques légitimes.
La FIDH demande instamment aux autorités malaisiennes,
de procéder à la libération de ces six
opposants, arbitrairement détenus, et, plus généralement
de se conformer aux instruments internationaux de défense
des droits de l’Homme.
Aussi, la FIDH demande aux représentants de la communauté
internationale d’exercer les pressions politiques et diplomatiques
nécessaires en ce sens, auprès du Dr Mahathir
Bin Mohamad, premier ministre malaisien, invité au titre
de président du mouvement des non-alignés pendant
la réunion du G8 à Evian. |