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Paris, Nouakchott, Dakar, le 28 novembre 2003
La Fédération internationale des ligues des droits
de l'Homme (FIDH), l'ONDH, la RADDHO, organisations membres
de la FIDH au Sénégal, et l'AMDH, organisation
membre de la FIDH en Mauritanie, ont constitué un «
Comité international pour la libération des détenus
politiques », ainsi qu'un « Collectif des avocats
étrangers pour la défense du Président
Ould Haidallah et ses compagnons », destiné à
assurer la défense de 15 opposants mauritaniens arrêtés
à l'occasion des élections présidentielles
du 7 novembre 2003. Toutes ces organisations considèrent
que leur arrestation est arbitraire, et sanctionne les libertés
d'opinion et d'expression ainsi que le droit de participer à
la vie politique et appellent à leur libération
immédiate. Ce Comité international est coordonné
par M. Alioune Tine, et le Collectif d'avocats étrangers,
coordonné par Me Boukounta Diallo, et composé
notamment Me Aissata Tall Sall, Me Amadou Aly Kane et Me Mamadou
Conaté, sera présent à l'audience qui se
tiendra à partir du 1er décembre 2003 devant le
Tribunal criminel de Nouakchott, section des flagrants délits.
Ces 15 opposants, parmi lesquels se trouvent l’ancien
chef de l'Etat mauritanien Mohamed Khouna Ould Haidalla, chef
de file de l’opposition, les membres de sa famille, de
son directoire de campagne et des sympathisants, ont été
inculpés au parquet de Nouakchott le 23 novembre pour
"attentat ayant pour but de détruire ou de changer
le régime constitutionnel, commission d'actes exposant
la Mauritanie à une déclaration de guerre et à
des représailles, intelligence avec une puissance étrangère".
Ils encourent une peine allant de 20 ans de travaux forcés
à la prison à perpétuité.
D’après la procédure de flagrant délit
engagée par le procureur, le procès doit se dérouler
dans les 30 jours suivant l'arrestation, ce qui, selon les avocats
des détenus, ne peut permettre de garantir la tenue d’un
procès équitable, sachant pour exemple que le
dossier de l’accusation n’a toujours pas été
donné à la défense.
En outre, la FIDH et ses organisations membres au Sénégal
et en Mauritanie dénoncent la déclaration du porte-parole
du Ministre de la Justice de Mauritanie affirmant que les opposants
arrêtés n'avaient pas besoin d'avocat étrangers
pour assister leur défense, alors que, le 27 novembre,
ceux-ci avaient fait part de leur volonté de se faire
également assister par des avocats étrangers.
Nos organisations rappellent que le droit au libre choix de
son avocat est reconnu par les instruments internationaux relatifs
aux droits de l'Homme, et notamment à l'article 7 de
la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples, qui
dispose que “Toute personne a droit à ce que sa
cause soit entendue. Ce droit comprend: (c) le droit à
la défense, y compris celui de se faire assister par
un défenseur de son choix”. En outre, le droit
de se faire assister par des avocats étrangers est également
reconnu par l'article 5 de la Convention générale
de coopération en matière de justice entre des
Etats africains du 12 septembre 1961, dont la République
islamique de Mauritanie est signataire, qui dispose que “Les
avocats inscrits à un barreau de l'un des Etats signataires
de la présente convention, pourront plaider devant les
juridictions des autres Etats dans une affaire déterminée
à charge pour eux de se conformer à la législation
de l'Etat où se trouve la juridiction saisie”.
La FIDH, l'ONDH, la RADDHO et l'AMDH considèrent ces
détenus comme des détenus « politiques »,
privés de liberté pour avoir exprimé des
opinions divergentes et critiques à l'égard des
autorités. Nos organisations demandent que les avocats
étrangers puissent assurer la défense des opposants
détenus. Nos organisations demandent en outre aux autorités
de garantir le respect du droit à un procès équitable
et de garantir l'intégrité physique et morale
des personnes arbitrairement détenues. La FIDH, l'ONDH,
la RADDHO et l'AMDH demandent enfin aux autorités mauritaniennes
de se conformer aux dispositions des instruments internationaux
liant la Mauritanie. |