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Paris, le 9 juin 2003
La Fédération Internationale des ligues des droits
de l’Homme (FIDH) condamne avec la plus grande vigueur
la tentative de coup d’Etat orchestrée ce week-end
par certains éléments de l’armée
mauritanienne contre le régime du président Maaouiya
Sid Ahmed Ould Taya.
La FIDH rappelle son attachement indéfectible aux principes
démocratiques et condamne avec la plus grande fermeté
les modes d'accession violente au pouvoir.
Les deux jours de combats dans la capitale Nouakchott ont été
particulièrement violents : tir à l’arme
lourde aux environs de la présidence, des quartiers généraux
de l’armée, de la radio d’Etat et de l’aéroport,
pillages, libération de prisonniers par les mutins…Lors
de combats, plusieurs mutins et militaires, notamment le chef
d'état-major de l'armée mauritanienne, Mohammed
Lamine Ould N'Dayane, ont été tués. Si
la population civile est en état de choc, selon les informations
disponibles à ce jour, il semble qu’elle n’aurait
pas été impliquée dans les combats.
La FIDH rappelle que ces événements interviennent
dans un contexte de répression arbitraire menée
par le pouvoir visant largement l’opposition (cf. communiqués
du 13/05, 23/05, 03/06). La tentative de coup d’Etat ne
doit en aucun cas légitimer la persistance, voire le
développement de cette campagne gouvernementale liberticide,
en violation manifeste des instruments internationaux et régionaux
de protection des droits de l’Homme. La FIDH appelle donc
les autorités mauritaniennes à privilégier
une solution politique et pacifique au règlement de cette
crise et les appelle avec force au respect de leurs obligations
internationales en matière de protection des droits humains. |