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Paris – Banjul le 6 novembre 2003
La Fédération internationale des ligues des droits
de l’Homme (FIDH) exprime sa plus vive préoccupation
au regard de la répression menée contre les opposants
politiques mauritaniens, à la veille du premier tour
des élections présidentielles, prévu le
7 novembre.
Le 6 novembre, les forces de sécurité ont procédé
à l’arrestation de Mohamed Khouma Ould Haidallah,
candidat d’opposition à l'élection présidentielle,
ainsi qu’à celle de quatre membres de son directoire,
Ismaïl Ould Amar, directeur général de campagne
et porte-parole, Devaly Ould Cheïne, Mohamed Yehdhih Ould
Breïdelleïl, et Diop Mustapha. Lors de ces arrestations,
MM. Haidallah, Devally et Breïdelleïl ont été
brutalisés. Par la suite, le domicile de M. Haba, directeur
de campagne de M. Ould Haidallah dans les régions du
sud, a été encerclé par les forces de l’ordre.
Celles-ci, déployées en nombre, ont lancé
des bombes lacrymogènes à l’intérieur
de la propriété, où se trouvaient rassemblées
environ 200 personnes. M. Haba a été arrêté
avec d’autres personnes présentes sur les lieux.
Tous les six sont poursuivis pour « complot ».
Avant son arrestation, Mohammed Khouma Ould Haidallah avait
été convoqué par le ministre de l'Intérieur
avec Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheïr, les
deux autres candidats de l'opposition, pour leur préciser
les conditions - limitées - dans lesquelles leurs représentants
pourraient conduire leurs observations dans les bureaux de vote.
La FIDH souligne que les candidats d’opposition ont fait
l’objet d’actes d’intimidation répétés
depuis le début de la campagne électorale.
Le 3 novembre notamment, les autorités mauritaniennes
avaient procédé à des perquisitions aux
domiciles de M. Ould Haidallah et de dix de ses proches collaborateurs,
au prétexte de chercher des armes. Le 4 novembre, le
directeur de campagne de Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya, Président
sortant et candidat à sa propre succession, avait annoncé
que des documents révélant la préparation
d'un coup d'Etat avaient été trouvés, alors
qu'aucun procès verbal attestant leur présence
n'aurait été dressé au terme de ces perquisitions.
Le 4 novembre, Sidi Ahmed et Sidi Mohamed, les deux fils de
Mohamed Khouna Ould Haidallah, avaient également été
arrêtés sur instruction du Directeur régional
de la sûreté de Nouakchott pour "atteinte
à la tranquillité et à la sécurité
publique". Ils sont toujours détenus.
En mai 2003, la FIDH avait déjà dénoncé
une vaste campagne de répression à l’encontre
des acteurs de la société civile, magistrats,
opposants politiques, représentants religieux et étudiants,
dont la majorité avaient d’ailleurs ensuite été
libérés sans aucune forme d’explication.
La FIDH souligne le caractère arbitraire des arrestations
et autres pratiques constatées dès lors qu’elles
visent des personnes exerçant leur liberté politique
pacifique universellement garantie. Aussi, la FIDH demande aux
autorités mauritaniennes de procéder à
la libération immédiate de toutes les personnes
arbitrairement détenues.
La FIDH relaye le message des ONG indépendantes de défense
des droits de l’Homme qui demandent que le scrutin prévu
le 7 novembre soit suspendu conformément à la
loi électorale mauritanienne qui dispose qu’en
cas d’empêchement de l’un des candidats (maladie,
décès, arrestation, …), l’élection
doit être automatiquement reportée.
Contact presse :
Gaël Grilhot ou Daniel Bekoutou +33 1 43 55 25 18/14 12
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