|
New York, le 16 juillet 2003.
Le 2ème rapport périodique du Maroc a été
examiné le 15 juillet 2003 par le Comité des Nations
unies pour l’élimination de toute forme de discrimination
a l’égard des femmes lors de sa 29ème session.
>>> CEDAW
Le comité a insisté sur la nécessité
pour le gouvernement marocain de montrer un engagement politique
plus fort pour accélérer les réformes indispensables
pour le respect de la convention CEDAW (Convention pour l’élimination
de toute forme de discrimination a l’égard des
femmes) ratifiée par le Maroc en 1993. Compte tenu de
la lenteur des progrès réalises en la matière,
le comité a recommandé au Maroc de mettre en place
des mécanismes spécifiques pour promouvoir le
droit des femmes.
Le comité a par ailleurs recommande au Maroc :
- De mettre en œuvre une réelle politique de lutte
contre la violence à l’égard des femmes,
notamment les violences domestiques, en informant sur ces pratiques,
en sanctionnant leurs auteurs et par la réhabilitation
des victimes.
- De lutter contre les stéréotypes à l’origine
des inégalités et des violences à l’égard
des femmes, par l’éducation en particulier Le comité
a rappelé que l’indispensable lutte contre l’analphabétisme
des filles ne suffisait pas et qu’il était nécessaire
de promouvoir l’éducation à l’égalité
par la formation des enseignant(e)s et la modification des matériaux
pédagogiques notamment. Le comité a rappelé
qu’il attendait des résultats concrets en la matière
dans le prochain rapport périodique du Maroc.
- D’assurer la pérennité de la représentation
des femmes dans la vie politique et publique, tout en saluant
les efforts du Maroc en la matière.
- De promouvoir la participation des femmes aux postes de décision
dans les domaines économiques, judiciaires etc. Le Comité
a appelé le Maroc à présenter des résultats
concrets dans son prochain rapport.
- De réexaminer dans les meilleurs délais ses
nombreuses dispositions législatives discriminatoires
à l’égard des femmes, notamment le Code
de Statut personnel. Le comité s’est dit fortement
préoccupé par les graves discriminations à
l’égard des femmes en ce qui concerne le mariage,
le divorce et la garde des enfants notamment.
- De lever ses réserves aux articles 9 et 16 de la Convention.
Pour le Comité, la levée des réserves et
la ratification du protocole additionnel au CEDAW représenterait
un signe fort de la volonté politique réelle du
Maroc pour mettre en œuvre les réformes nécessaires
à la non-discrimination des femmes au Maroc.
L’Association démocratique des femmes marocaines
(ADFM) et la Fédération internationale des ligues
des droits de l’Homme (FIDH) se félicitent des
points soulevés par le Comité qui correspondent
en grande partie aux préoccupations des ONG marocaines,
reflétées dans le rapport parallèle coordonné
par l’ADFM.
L’ADFM et la FIDH appellent le Maroc à mettre en
œuvre dans les plus brefs délais les recommandations
du Comité. Elles seront particulièrement attentives
à la mise en œuvre des réformes tant attendues
et d’un véritable plan d’action pour mettre
fin aux graves discriminations à l’égard
des femmes qui subsistent aujourd’hui au Maroc. |