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Paris- Genève, le 4 juillet 2003
La Fédération internationale des ligues des droits
de l’Homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre
la torture (OMCT), dans le cadre de leur programme conjoint
de l’Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l’Homme, expriment leur inquiétude
au regard de la condamnation le 25 juin 2003 de Dkhil El Moussaoui,
membre du Forum Vérité et Justice (FVJ), par la
Cour d’appel de Laâyoun, à un an de prison
et 5000 dirhams d’amende pour « incitation à
des troubles à l’ordre public ».
La Cour s’est initialement opposée à laisser
entrer le public dans la salle d’audience. Cette interdiction
a été levée à la suite de vives
protestations. Les avocats de M. El Moussaoui ont pu exercer
leur défense sans entraves.
Au regard du harcèlement continu des représentants
du FVJ/ Section Sahara, l’Observatoire a toutes les raisons
de croire que cette condamnation ne vise, en réalité,
qu’à sanctionner l’activité de M.
El Moussaoui en faveur de la défense des droits de l’Homme
au sein de son organisation.
Cette condamnation s’inscrit, en effet, dans un contexte
de harcèlement continu des défenseurs dénonçant
les violations des droits de l’Homme au Sahara occidental.
En 2002-2003, plusieurs militants du FVJ ont été
arrêtés et poursuivis, à l’instar
de Salek Bazid, condamné à 10 ans de prison en
mars 2003, de Ali Salem Tamek, condamné à 2 ans
de prison en octobre 2002 et de Ahmed Nassiri, condamné
à 18 mois de prison en novembre 2002. Ces trois membres
de la Section Sahara du FVJ, qui militeraient pour l’autodétermination
du Sahara occidental, sont accusés d’avoir participé
et organisé des émeutes et des actions criminelles
et de collaboration avec le Front Polisario.
L’Observatoire rappelle que le 18 juin dernier le Tribunal
de première instance de Laâyoun a prononcé
la dissolution de la section Sahara du FVJ pour activités
illégales (cf. Appel urgent MAR 002/0603/OBS 029).
En outre, le 27 mars 2003, MM. Brahim Dahane et Bacher Lakhfaouni,
ancien disparus et membres du Comité de coordination
des familles Sahraouis, M. Sidi Mohammed Daddach, ancien détenu
et lauréat 2002 du prix de la Fondation Rafto pour les
droits de l’Homme ( Norvège), MM. Brahim Noumri
et Brahim Guarbi, ancien disparus et membres du FVJ/ Section
Sahara, M. Khaya Cheikh, ancien détenu, ainsi que 8 membres
de familles de disparus Sahraouis avaient été
empêchés de sortir du territoire marocain alors
qu’ils devaient se rendre à Genève afin
de participer à des rencontres sur les disparitions forcées
au Sahara occidental (cf. Appel urgent MAR 001/0303/OBS 017).
Par conséquent, l’Observatoire appelle les autorités
marocaines :
A procéder à la libération immédiate
de toutes les personnes arrêtées arbitrairement
en raison de leur activité de défense et de promotion
des droits de l’Homme au Sahara occidental ;
A cesser le harcèlement des membres de la section Sahara
du Forum Vérité et Justice ;
A lever la dissolution de cette même section;
A garantir à tous les défenseurs des droits de
l’Homme un exercice effectif de leur liberté d’expression
conformément aux instruments internationaux de défense
des droits de l’Homme et à la Déclaration
sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée
par l’Assemblée générale des Nations
unies le 9 décembre 1998. |