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Paris
- Genève, 17 janvier 2003
La Fédération
internationale des ligues des droits de l'Homme s'inquiète
de ce que la prochaine présidence de la Commission des
droits de l'Homme des Nations unies échoie à un
pays auteur de graves violations des droits de l'Homme, la République
arabe libyenne, seul candidat à l'élection, lundi
20 janvier (voir les informations de la FIDH sur la Libye).
La Libye
avait déjà occupé la fonction de vice-président
de la Commission en 2000, sans que les membres de la Commission
ne semblent sourciller. Leur passivité ne peut que nous
faire déplorer l'absence, dans l'enceinte à qui
incombe principalement au sein des Nations Unies, le mandat
de protection des droits de l'Homme, de critères accordant
l'accès à cette enceinte et qui plus est, à
des postes de responsabilité.
Cette élection
intervient toutefois à un moment crucial pour l'enceinte
intergouvernementale, après une session qui avait laissé
un goût amer aux victimes des violations des droits de
l'Homme (voir le communiqué Berezina et moisson de misère
à la 58ème session des droits de l'Homme) et au
moment où la réorganisation de ses travaux et
de son fonctionnement doit lui permettre de retrouver sa crédibilité
sur la scène internationale et auprès des victimes
qu'elle a pour mandat de protéger. Nos attentes, à
l'égard de la Libye et du comportement que les autres
Etats membres adopteront à son égard, en sont
d'autant plus grandes.
La FIDH
appelle en conséquence la Libye, au moment de son accession
à la Présidence, à prendre des engagements
fermes en matière de droits de l'Homme : a tout le moins
et à l'instar de l'Iran récemment, émettre
une invitation permanente aux mécanismes de protection
des droits de l'Homme des Nations unies, et ouvrir ses frontières
aux organisations internationales indépendantes de droits
de l'Homme ainsi qu'aux journalistes indépendants souhaitant
se rendre sur son territoire afin d'y poursuivre leurs enquêtes
en toute impartialité.
Afin de
mener à bien son mandat d'information et d'alerte sur
la situation des droits de l'Homme de par le monde et d'accompagnement
des victimes et des ONG locales sur la scène internationale,
la FIDH maintiendra sa participation à la prochaine session
de la Commission, qui reste à ce jour, la principale
instance intergouvernementale accessible aux victimes de violations
de droits de l'Homme pour faire valoir leurs droits.
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