| Paris, le
17 mars 2003
La FIDH publie une note de situation sur l’état
des libertés démocratiques au Kirghizistan (cf.
Pièce jointe), basée sur les informations du Kyrgyz
Committee for Human Rights (KCHR), organisation affiliée
à la FIDH.
KIRGHIZISTAN
NOTE DE SITUATION (Mars 2003)
Le Kirghizistan traverse depuis plusieurs années une
véritable crise politique, qui se traduit par des tentatives,
au plus haut niveau de l’Etat, de restreindre l’espace
démocratique et par la monopolisation du pouvoir aux
mains de l’exécutif.
Les autorités viennent de franchir une nouvelle étape
dans cette stratégie répressive avec l’adoption
de nouvelles dispositions constitutionnelles, qui ne visent
en fait qu’à renforcer et légitimer le pouvoir
du Président de la République et des autorités
locales.
Cette note de situation illustre cette stratégie en
examinant :
- Le référendum du 2 février 2003 portant
sur la modification de la Constitution et qui conduit à
une concentration des pouvoirs au bénéfice du
Président (multiplication des possibilité de dissolution
du Parlement par le Président, droit de véto quasi-absolu
du Président sur l'action législative) et restreint
l'espace des libertés des citoyens, telles la liberté
de manifestation. Le Président bénéficie,
en outre, à la fin de son mandat, d'une immunité
juridictionnelle, qui s'étend aussi à sa famille.
- La répression continue menée contre des médias.
Les multiplications des poursuites judiciaires, à l'initiative
des membres du gouvernement, tendentà entraver l’activité
médias critiquant la majorité politique, ce qui
a même eu pour effet de conduire à la fermeture
d'un des journaux d'opposition.
- La répression accrue à l’encontre des
opposants politiques et des défenseurs des droits de
l'homme, par l'arrestation d'opposants sur la base de motifs
fallacieux, ou encore l’utilisation de menaces et actes
de violence.
- La situation concernant la peine de mort. Même si le
moratoire sur les exécutions, prononcé en 1998
par le Président, a été prolongé
jusqu'à la fin 2003, celui-ci n'empêche pas les
autorités judiciaires de continuer à prononcer
des peines capitales. En outre, les conditions de détention
restent déplorables.
La FIDH appelle notamment les autorités kirghizes à
respecter, en toute circonstances, les principes et dispositions
figurant dans les instruments internationaux de protection des
droits de l'Homme, auxquels la République Kirghize est
liée, en particulier le Pacte international relatif aux
droits civils et politiques, qui garantit la liberté
d'expression, d'opinion, de rassemblement pacifique et le droit
d'accès, dans des conditions générales
d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
La FIDH appelle également la communauté internationale,
notamment l’ONU, l’Union européenne et l’OSCE,
à exercer les pressions diplomatiques et politiques nécessaires,
afin que le Kirghizistan agisse en conformité avec les
instruments internationaux et régionaux de protection
des droits de l'Homme. |