29/04/2003
Le fait que la République du Haut Karabagh, qui a proclamé
son indépendance en 1991, ne soit pas un Etat reconnu
au niveau international en fait-il pour autant une zone de non
droit ? Les droits fondamentaux des populations vivant sur ce
territoire sont-ils otages de cette situation?. Ces questions
sont exemplaires de la situation dans cette République
autoproclamée qui ne peut adhérer à aucune
organisation ni aucun traité international, et relance
un débat, bien plus général, sur l’opposabilité
des droits de l'Homme à une entité non reconnue
mais également sur les obligations de la communauté
internationale.
(version originale anglaise) Unachieved
Self Determination and Impact on Human Rights
Toutefois en matière de protection des droits
de l’Homme, la Cour européenne apporte un élément
de réponse concret : les droits de l’Homme sont
opposables à ceux qui exercent réellement le pouvoir
(cf. le jugement de la Cour sur l’affaire Chypre contre
Turquie). Aussi, les droits de l'Homme sont opposables aux autorités
du Haut Karabagh, en dépit de l'absence de reconnaissance
internationale en tant qu'Etat. Le Haut-Karabakh, dans sa déclaration
d’indépendance, revendique sa sujétion aux
principes de la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme, mais aussi aux Pactes internationaux sur les
droits civils et politiques et sur les droits économiques,
sociaux et culturels.
Les droits de l’Homme constituent un enjeu à la
fois interne et externe.
On assiste dans cette République à une forme
d’autocensure collective en matière de libertés
individuelles au nom de l’intérêt national
bien compris d’un pays en état de « ni guerre
ni paix », devant faire face à une adversité
extérieure jusqu’à ce que une solution politique
définitive soit trouvée avec l’Azerbaïdjan.
Les autorités s’abstiennent de promouvoir les normes
et principes relatifs aux droits de l’Homme qui restent
donc peu connus des citoyens. Le maintien d’une loi d’urgence
militaire, restrictive de certaines libertés associatives
et d’expression, même si elle n’est pas appliquée
depuis 1994 est exemplaire d’un climat particulièrement
pesant. L’absence d’une presse indépendante
et le faible soutien aux initiatives de la société
civile et ONG, si ce n’est à celles qui font allégeance
au pouvoir, illustrent l’absence réelle d’espace
démocratique. En tout état de cause, il n’existe
aucune forme d’opposition indépendante.
Sur le plan extérieur, les autorités du Haut
Karabagh font montre d’une volonté politique en
faveur des droits de l’Homme qui est à la mesure
de l’enjeu qu’ils représentent pour la légitimation
de leur Etat sur la scène internationale. Cette volonté
se traduit par des engagements volontaristes vis à vis
des instruments internationaux de protection des droits de l’Homme
auxquels notamment il est fait référence dans
la loi fondamentale faisant figure de Constitution.
La nécessité d’un règlement politique
et pacifique de la situation au Haut Karabagh est urgente ;
seul un tel règlement contribuerait au développement
du processus démocratique dans cette région du
monde et au respect effectif des droits de l’Homme de
la population du Nagorno Karabagh.
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