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Paris, le 19 juin 2003
Des manifestations pacifiques en faveur des réformes
démocratiques en Iran sont violemment réprimées
par des groupes armés liés au Hezbollah depuis
plus d’une semaine, et ce avec la complicité des
forces armées. Munis de barres de fer et circulant sur
des motos légères, ces « miliciens »,
dévoués au Guide Suprême de la Révolution,
l'Ayatollah Ali Khamenei, sèment la terreur parmi les
groupes de manifestants. Les manifestations se déroulent
dans tout le pays notamment dans les villes de Téhéran,
Tabriz, Kerman, et Machhad.
La Fédération internationale des Ligues des droits
de l’Homme (FIDH) et la Ligue de défense des droits
de l’Homme en Iran (LDDHI) condamnent les violations des
droits de l’Homme résultant de cette situation
qui rappelle les heures sombres de la répression du mouvement
étudiant de 1999. Plusieurs dizaines de personnes ont
été blessées au cours de ces affrontements,
et au moins un étudiant a été tué
par balle,à l’université de Chiras.
Selon des sources concordantes, plus d’un millier d’arrestations
et/ou de disparitions auraient été constatées.
Officiellement, plus de 250 manifestants ont été
arrêtés depuis le 10 juin, date du début
des manifestations. Dans une intervention télévisée
le 16 juin, le vice-ministre de l’Intérieur a indiqué
que 35% d’entre eux considérés comme des
« voyous », étaient encore détenus.
Par ailleurs, la justice iranienne a ordonné l’arrestation
de plusieurs intellectuels dissidents accusés d’être
à l’origine des manifestations. Mohsen Sazegara,
journaliste, et son fils ont ainsi été interpellés
à leur domicile le 15 juin, tout comme Amin Bozorghian,
rédacteur en chef du quotidien – suspendu –
Golestan. Ensafali Hedayat, également journaliste, arrêté
le 15 juin devant l’Université de Tabriz est, depuis,
porté disparu. Alireza Jabbari, journaliste, a, quant
à lui, été condamné à 4 ans
de prison.
Les 14 et 15 juin, trois autres journalistes ont été
arrêtés : Reza Alidjani, Taghi Rahmani, et Hoda
Rezazadeh-Saber. Ils avaient été condamnés
avec plusieurs autres intellectuels à de lourdes peines
le 10 mai dernier par la 26ème chambre du Tribunal Révolutionnaire
de Téhéran au terme d’un procès inique
et attendaient leur jugement en appel (communiqué FIDH
du 14/05/2003).
La FIDH et la LDDHI appellent à la libération
de toutes les personnes arbitrairement arrêtées
et détenues. La FIDH et la LDDHI considèrent
que les faits en cours témoignent de la fragilité
de la situation et de la persistance de graves et constantes
violations des droits de l’Homme en
Iran. La FIDH et la LDDHI appellent les autorités à
garantir les libertés fondamentales et notamment les
libertés d’expression et de
manifestation et garantir la sécurité de tous
les citoyens iraniens qui font usage de ces libertés.
Contact presse : + 33 1 43 55 25 18
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