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Paris, le 13 octobre 2003
Les 8 et 9 octobre s'est tenue à Bruxelles la troisième
session du dialogue sur les droits de l'Homme entre l'Union
européenne et l'Iran, sous la présidence italienne.
La FIDH regrette que cette troisième session, comme
les précédentes, n'ait pas été au-delà
d'échanges de points de vue à caractère
essentiellement académique. La partie iranienne n'a donné
aucune indication de la volonté des autorités
d'améliorer substantiellement la situation des droits
de l'Homme sur le terrain.
Les doutes exprimés par la FIDH à l'issue des
deux premières sessions du dialogue sont largement confirmés
par cette troisième session. La situation en Iran s'est
dégradée au cours des derniers mois, de nombreuses
personnes étant actuellement en prison pour avoir exercé
leur droit à la liberté d'expression.
La FIDH appelle par conséquent l'Union européenne
à procéder à une évaluation publique
des trois premières sessions du dialogue, au regard des
critères qu'elle a fixés pour mesurer les progrès
accomplis par l'Iran dans le domaine des droits de l'Homme.
La FIDH appelle également dès à présent
l'Union européenne à présenter un projet
de résolution sur la situation des droits de l'Homme
en Iran à la troisième commission de l'Assemblée
générale des Nations unies. Une telle résolution,
en brisant le silence et l'oubli, constitue le soutien dont
ont besoin les défenseurs des droits de l'Homme et la
société civile en Iran.
Comme les deux premières sessions, cette troisième
table ronde a associé responsables politiques et universitaires
européens et iraniens ainsi que des représentants
d'ONG, dont la FIDH, Amnesty International, Penal Reform International
et, pour la première fois, Human Rights Watch. La FIDH
déplore, en revanche, l'absence de représentants
de la société civile iranienne indépendante
à l'ensemble des sessions du dialogue.
Les thèmes proposés au débat portaient
sur le droit à la liberté d'expression et sur
le droit au développement. Si le second thème
n'a pas posé de difficultés majeures et a permis
des échanges intéressants, on ne peut se satisfaire
du résultat des discussions sur le premier thème,
pourtant d'une actualité brûlante.
Deux questions ont été mises en relief : l'immunité
parlementaire et la liberté de la presse.
L'accent a été mis sur le caractère restrictif
des garanties existantes s'agissant de l'immunité parlementaire
dans l'exercice de la liberté d'expression. Le débat
a permis de clarifier la notion d'immunité, qui ne peut
être synonyme d'impunité, mais demeure indispensable
dans une démocratie pour permettre au Parlement d'exercer
un contrôle sur l'exécutif.
Les pressions qui pourraient être exercées sur
certains candidats à l'occasion des prochaines élections
législatives ont été dénoncées
par certains participants européens.
Les discussions sur la liberté de la presse ont permis
aux ONG internationales de rappeler le contexte répressif
qui prévaut en Iran, notamment à l'encontre des
journalistes et intellectuels. A ces interventions, la partie
iranienne a opposé les limites imposées par le
respect de l'ordre public et de certains principes de l'Islam,
qui guident en la matière la politique de l'Iran. La
FIDH ne peut se satisfaire de cette instrumentalisation des
notions d'ordre public et des principes de l'Islam pour museler
toute voix divergente.
Enfin, aucune indication n'a été donnée
par la partie iranienne quant aux suites à donner aux
recommandations du Groupe de travail des Nations unies sur la
détention arbitraire. Ce groupe avait pourtant dressé
le même constat d'arbitraire. |