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Paris, le 3 décembre 2003
Alors qu'elle se rendait ce matin à l'Université
de Téhéran Azzahra (réservée aux
filles), Chirin Ebadi s'est vu interdire l'entrée de
la salle par des miliciens liés au Hezbollah. Ces milices
ont bloqué la porte de la salle scandant des slogans
: “Mort à Chirin Ebadi”, “Chirin Ebadi
agent américain, agent de l'Occident”...
Le Prix Nobel de la Paix avait été invitée
par l'université à prononcer un discours sur les
droits des femmes et notamment le droit de garde des mères.
Chirin Ebadi a ensuite été emmenée dans
la cave de l'université par les services de sécurité
de la faculté aux fins de la protéger, et a finalement
pu rentrer chez elle.
La Présidente de l'université a annoncé
que le discours de Chirin Ebadi était annulé et
a condamné le comportement des milices, qu'elle a qualifié
d' “organisé”, soulignant que les forces
de l'ordre ne sont pas intervenues dans les temps pour mettre
un terme aux provocations hostiles.
“Il est extrêmement préoccupant que des
manifestations hostiles puissent être organisées
contre la Prix Nobel de la Paix”, a dit Sidiki Kaba, Président
de la FIDH. “l'attribution de ce Prix à une Iranienne
est un grand honneur pour le peuple iranien”.
“Nous appelons les autorités iraniennes à
assurer la sécurité de Chirin Ebadi et à
garantir au Prix Nobel de la paix et à l'ensemble des
Iraniens les libertés d'opinion, d'expression, d'association
et de réunion, garanties par le Pacte international sur
les droits civils et politiques, ratifié par l'Iran”,
a conclu Karim Lahidji, Président de la Ligue iranienne
pour la défense des droits de l'Homme et Vice-Président
de la FIDH. |