| Les
travailleurs migrants en Israël: une forme contemporaine
d'esclavage
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Paris, Copenhague,
le 25 août 2003 - Un rapport
sur la situation des travailleurs migrants en Israël est
publié aujourd'hui, qui fait suite à une mission
d'enquête de la Fédération internationale
des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et du Réseau
euro-méditerranéen des droits de l’Homme
(REMDH).
Depuis les années 1960,
le nombre de travailleurs migrants à travers le monde
a considérablement augmenté et cette forme de
travail est aujourd'hui largement utilisée. La situation
en Israël est cependant sans équivalence, puisque
les travailleurs migrants y sont délibérément
utilisés pour remplacer les travailleurs palestiniens,
mais également du fait du rôle que cette politique
tient dans le conflit israélo-palestinien. Israël
fait appel à des travailleurs migrants depuis les années
1980. Leur nombre a fortement augmenté depuis. Du fait
des bouclages et des considérations sécuritaires
liés à la première et surtout à
la seconde intifada, Israël a eu de plus en plus recours
aux travailleurs étrangers pour remplacer les Palestiniens
qui ne peuvent plus entrer en Israël. Alors qu'environ
115 000 Palestiniens travaillaient en Israël avant septembre
2000, leur nombre a aujourd'hui chuté à quelques
milliers.
Le rapport s'alarme de la situation
de 300 000 travailleurs migrants, dont 60% sont en situation
illégale. Dans de nombreux cas les travailleurs migrants
travaillent d’abord légalement, mais perdent ensuite
leur emploi ou changent d’employeur. Etant donné
que le permis de travail permet uniquement de travailler avec
un employeur déterminé, ils deviennent, par conséquent,
clandestins. Généralement ils restent en Israël,
parce qu'ils n'ont pas les moyens de rentrer chez eux, risquant
à tout moment d’être arrêtés
et mis en prison, avant d'être expulsés. A cause
de cette situation de détresse, les droits fondamentaux
des travailleurs migrants, qu'ils soient en situation régulière
ou non, ne sont pas respectés : absence de jours de congé,
bas salaires (entre la moitié et les deux tiers du salaire
payé aux travailleurs palestiniens et encore moins comparé
aux salaires des Israéliens), mauvaises conditions de
travail, avec le risque de confiscation du passeport etc.
Les travailleurs migrants en situation
régulière sont totalement dépendants de
leurs employeurs israéliens, dont la plupart gardent
le passeport tout à fait illégalement. Si le travailleur
proteste, il risque d'être renvoyé et, par conséquent,
d'être en situation irrégulière.
La moitié des migrants
en Israël sont originaire d'Asie (Chine, Thaïlande,
les Philippines), 45% d'Europe de l'Est (principalement de Roumanie
et de Moldavie) et le reste d'Afrique et d'Amérique latine.
Le recrutement des travailleurs migrants est une activité
très lucrative. Ainsi, les Chinois, qui sont principalement
des travailleurs du bâtiment, ont payé entre 6
000 et 10 000 U.S.$ chacun pour venir en Israël –
somme divisée entre une agence chinoise (en connivence
avec le gouvernement chinois), les employeurs israéliens,
le gouvernement israélien (pour les frais de visa etc.)
et l'agence de voyage. Le rapport souligne que des groupes de
pression, grâce à leurs contacts dans les sphères
gouvernementales et parlementaires, ont incité au recrutement
de travailleurs migrants.
La FIDH et le REMDH demandent
au gouvernement israélien de respecter ses obligations
internationales, en particulier le Pacte international relatif
aux droits civils et politiques et les conventions de l'Organisation
internationale du travail et de ratifier les instruments pertinents
et en particulier la Convention des Nations unies sur les droits
des travailleurs migrants et de leur famille.
De plus, les organisations appellent
les autorités israéliennes à :
· faire respecter ses propres lois sur les droits des
travailleurs, les droits syndicaux et punir la confiscation
des passeports des travailleurs étrangers;
· abroger la pratique de faire payer les travailleurs
pour leur contrat, ainsi que celle de lier les travailleurs
à leur employeur;
· réguler d'une meilleure manière la délivrance
des permis de travail et des visas ;
· poursuivre les personnes impliquées dans le
trafic de personnes.
Contact presse :
FIDH : +33 (0)1 43 55 25 18
EMHRN : +45 32 69 89 12 |