| EMBARGO 17 JUILLET 00h01 - GMT
Paris, le 14 juillet 2003
A l’occasion de la sortie de son rapport sur la situation
des prisonniers palestiniens en Israël, qui fait suite
à une mission d’enquête internationale qui
s’est déroulée du 17 au 22 février
2003, la FIDH a le plaisir de vous inviter à un :
Petit déjeuner de presse
Les Prisonniers palestiniens en Israël
Jeudi 17 juillet à 9 heures
Au siège de la FIDH
17 passage de la Main d’Or
75 011- Paris
Métro Ledru Rollin
Intervenants : Michel Tubiana, Philippe
Kalfayan
Depuis le début de la seconde intifada, en septembre
2000 et jusqu’en avril 2003, plus de 28000 Palestiniens
ont été incarcérés dans les prisons
ou camps de prisonniers. En avril 2003, il avait plus de 5500
prisonniers. Les arrestations ont augmenté dès
janvier 2002 et connu une croissance fulgurante avec la mise
en œuvre du Plan « mur de protection » en mars/
avril 2002. La FIDH note que la question des prisonniers palestiniens
est enfin à l’ordre du jour depuis les discussions
autour de la « feuille de route ».
le
rapport
Les
prisonniers palestiniens en Israël : conditions inhumaines
des détenus politiques 
Le rapport met en exergue la situation juridique volontairement
obscure et mouvante dans laquelle se trouvent les prisonniers
palestiniens. Israël ne reconnaît pas aux prisonniers
palestiniens, le statut de prisonniers de guerrre. Dans la pratique,
des ordres militaires israéliens régissent les
conditions de détention et notamment le régime
de la détention administrative qui permet de détenir
une personne jusqu’à 6 mois renouvelables sans
obligation de jugement. En outre, les conditions de défense
des prisonniers sont très préoccupantes : une
personne peut rester 32 jours sans voir un avocat, seuls les
avocats israéliens peuvent plaider devant les juridictions
militaires, leur accès aux camps est limité, le
nombre d’avocats disponibles à cette fin très
faible, d’autre part les entretiens avec leurs clients
ne sont pas confidentiels. Dans les cas de détention
administrative, les conditions d’un procès équitables
sont loin d’être garanties, l’avocat n’ayant
même pas accès auxéléments de preuve.
Les premières vagues d’arrestations se sont attachées
à étêter la société palestinienne
de ses cadres, puis ont été arrêtées
les activistes les plus marqués. Les arrestations se
déroulent le plus souvent aux checkpoints, lors des incursions
israéliennes dans les villes et villages des Territoires
occupés, aux points de contrôle frontaliers ou
par kidnapping.
Bien que la mission n’ait pas obtenu l’autorisation
de visiter les camps de détention, elle a pu recueillir
des informations sur les conditions de détention. L’arbitraire
des conditions de détention, vaguement régies
par un décret de 1971, est renforcé par l’existence
de trois systèmes pénitentiaires parallèles.
D’après les témoignages recueillis, les
conditions de détention se sont gravement détériorées
depuis la première intifada : nourriture de mauvaise
qualité, surpopulation des camps, pas de change vestimentaire,
service médical déficient. En outre, les prisonniers
ne peuvent pas recevoir de visite de leur famille, les autorisations
de visite étant impossibles à obtenir et les Territoires
bouclés. Dans les camps d’Ofer et de Ketziot, les
prisonniers sont logés sous des tentes dans des conditions
d’hygiène très préoccupantes. Les
femmes, souvent des membres de familles d’activistes palestiniens,
sont également détenues dans des conditions extrêmement
difficiles. La mission exprime sa préocupation quant
à la détention de mineurs – à partir
de 12 ans - (325 mineurs prisonniers en avril 2003), qui sont
souvent détenus sans séparation avec les adultes.
La mission a également recueilli des témoignages
de mauvais traitements, de tortures et de pressions psychologiques,
qui subsistent malgré la décision de la Cour suprême
du 6 février 1999 proscrivant le recours à certaines
de ces méthodes, sauf sous certaines conditions. La FIDH
s’inquiète également de la quasi-impunité
des forces armées israéliennes.
En conséquence la FIDH recommande aux autorités
israéliennes :
· De laisser un libre accès des lieux de détention
et de faciliter la libre circulation des O.N.G. israéliennes,
palestiniennes ou internationales et de coopérer avec
elles.
· D'appliquer pleinement la 4ème convention de
Genève
· De mettre un terme aux poursuites à l’encontre
des personnes à qui il n'est reproché aucun crime
de guerre.
· De supprimer la procédure dite de détention
administrative
· De supprimer les juridictions militaires
· De respecter l'exercice des droits de la défense,
ce qui implique le libre accès de l'avocat aux personnes
arrêtées dès leur arrestation et leur présentation
à un juge civil dans le même délai ainsi
que la liberté de déplacement des Avocats qu'ils
soient palestiniens ou israéliens.
· D'assurer aux personnes détenues le respect
des standards minimaux quant à la nourriture, aux soins,
à la dimension des lieux de détention,à
la protection face aux conditions climatiques et aux visites
de leurs familles et de leurs proches.
· De mettre un terme sans délai à tous
mauvais traitements et tortures que ce soit lors de l'arrestation
ou lors de la détention et d'adopter une législation
en ce sens.
· D'assurer la poursuite des membres des forces de l'ordre
qui commettent des crimes et des délits, de rendre publiques
les sanctions prises et de dédommager les victimes des
conséquences des actes de guerre.
· De mettre un terme aux exécutions extra judiciaires.
Ce rapport sera présenté lors de l’examen
de l’Etat d’Israël par le Comité des
droits de l’Homme des Nations unies les 24 et 25 juillet
prochains. |