| Paris, le 8 août
2003,
La Fédération internationale des ligues des droits
de l'Homme (FIDH) se réjouit des observations finales
rendues le 7 août par le Comité des droits de l'Homme
des Nations unies suite à l'examen, du 23 au 25 juillet
2003, du rapport périodique d'Israël concernant
la situation des droits civils et politiques en Israël
et dans les Territoires Palestiniens Occupés.
La FIDH note avec satisfaction que le Comité a rappelé
que l'applicabilité du droit international humanitaire,
pendant un conflit armé, n'exclut ni l'application du
droit international des droits de l'Homme- y compris l'article
4 du Pacte International pour les Droits Civils et politiques
de 1966, qui couvre les cas “où un danger public
exceptionnel menace l'existence de la nation”-, ni la
responsabilité des Etats Parties pour les actes en dehors
de leur territoire, y compris dans les Territoires Occupés.
Par conséquent, la FIDH soutient la décision du
Comité des droits de l'Homme de mettre en avant six des
violations les plus flagrantes des droits de l'Homme commises
dans cette région et qui résultent principalement
des “mesures nécessaires de sécurité”
décrétées par Israël.
En effet, le Comité souligne que:
•l'utilisation de la détention prolongée
sans accès à un avocat viole les dispositions
du Pacte sur les droits civils et politiques. Par conséquent,
Israël doit s'assurer que nul n'est détenu plus
de 48 heures sans avoir accès à un avocat;
•ce qu' Israël appelle les “assassinats ciblés”
de personnes suspectées de terrorisme dans les Territoires
Occupés soulève des questions au regard de l'article
6 du Pacte; lorsque ces mesures sont utilisées comme
moyen de dissuasion ou de punition, elles constituent une violation
du droit international des droits de l'Homme. Le Comité
affirme qu'à cet égard, la politique étatique
doit être expliquée clairement dans ses grandes
lignes aux commandements militaires régionaux, et que
des enquêtes doivent être menées par des
organes indépendants sur l'usage disproportionné
de la force;
• il est demandé à Israël de cesser
immédiatement les démolitions de propriétés
et d'habitations dans les Territoires Occupés ; le Comité
considère que cette pratique va à l'encontre des
obligations des Etats parties relatives à la propriété
privée et qu'elle est constitutive de torture et de traitements
cruels et dégradants;
•en ce qui concerne les méthodes d'interrogation
utilisées par les Services généraux de
sécurité israéliens, Israël ne doit
plus avoir recours à l'argument de la “défense
nécessaire”, qui n'est pas reconnu par le Pacte;
Israël doit également s'assurer que les allégations
de mauvais traitements et de tortures font l'objet d'enquête
par le biais de mécanismes indépendants et que
les responsables sont poursuivis;
•l'entrée en vigueur de la loi sur la nationalité
et sur l'entrée sur le territoire israélien, qui
suspend le regroupement familial , notamment dans les cas de
mariages entre un citoyen israélien et un résident
des Territoires Occupés, constitue une violation grave
du droit international des droits de l'Homme; il est demandé
à Israël de reconsidérer cette politique
dans l'optique de faciliter le regroupement familial pour tous
les citoyens et les résidents permanents.
- Le droit international des droits de l'Homme s'applique au
“mur” ou “barrière de sécurité”.
Par conséquent, il est demandé à Israël
d'arrêter la construction de la “barrière
de séparation” à l'intérieur des
Territoires Occupés, car elle constitue une violation
de la liberté de circulation garantie par l'article 12
du Pacte.
La FIDH se félicite de l'attention que le Comité
des droits de l'Homme a porté aux observations faites
par les organisations de défense des droits de l'Homme
qui travaillent quotidiennement sur ces questions, que ce soit
en Israël que dans les Territoires Occupés d'une
part, et aux rapports produits par les organisations non-gouvernementales
internationales après chaque mission effectuée
sur le terrain.
La FIDH, réaffirmant sa solidarité avec les populations
civiles israéliennes touchées par les attentats
suicides et rappellant que les attaques suicides constituent
des crimes de guerre au regard du droit international, demeure
vivement préoccupée par le traitement discriminatoire
et cruel subi par les Palestiniens en Cisjordanie et Gaza ainsi
qu'à l'intérieur d'Israël.
La FIDH exhorte les autorités israéliennes à
prendre en considération les recommandations du Comité
des droits de l'Homme afin d'obtenir des progrés réels
et tangibles dans le respect des droits de l'Homme dans la région. |