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Paris, le 26 août 2003 - Il y a une
semaine, un attentat frappait le siège des Nations Unies
à Bagdad, faisant de nombreuses victimes, parmi lesquelles
Sergio Vieira de Mello, le répresentant spécial
du Secrétaire Général.
Le Mexique a proposé que le Conseil de sécurité
réagisse en adoptant une résolution sur la protection
des personnels humanitaires et de maintien de la paix. Le projet
serait déjà appuyé par l’Allemagne,
la Bulgarie, la France, la Russie, et la Syrie.
Les Etats-Unis menacent de rejeter le projet de résolution
car le texte affirme que les attaques dirigées contre
les travailleurs humanitaires constituent des crimes de guerre
au sens du statut de la Cour pénale internationale (CPI).
Les Etats-Unis refusent de reconnaître la compétence
de la CPI. Depuis quelques mois, plusieurs résolutions
ont, sous la pression américaine, exclu la compétence
de la CPI concernant l’action des forces de maintien de
la paix en général (12 juin) ou dans le contexte
de l’intervention au Liberia (1er août).
«Engagée dans une campagne absurde et absolue
contre la CPI, l’administration Bush oublie toute décence
et sombre dans l’incohérence», a déclaré
Sidiki Kaba, président de la FIDH. En l’espèce
– l’examen d’un projet visant à protéger
les travailleurs humanitaires, y compris des crimes de guerre
perpétrés par des groupes terroristes –
l’opposition de l’administration Bush pour cause
d’obscurantisme anti-CPI est aussi inacceptable que paradoxale.
Dans le contexte d’une insécurité grandissante
pour le personnel humanitaire et les défenseurs des droits
de l’homme, et après le coup porté aux Nations
Unies à Bagdad, il est intolérable que leur protection
soit l’objet de tractations obscures. Il faut réaffirmer
avec la plus grande vigueur la nature criminelle des actes commis
le 19 août et de tous agissements de même nature.
Il faut aussi que les Etats s’engagent à poursuivre
et juger les auteurs de crimes de guerre de ce type conformément
au droit international en vigueur
La FIDH rappelle que le statut de la CPI est le premier traité
incriminant spécifiquement les attaques contre les «humanitaires».
«Les Etats-Unis ne peuvent pas se désolidariser
de ceux qui travaillent quotidiennement à l’amélioration
du sort des populations civiles au péril de leur vie.
Ils doivent cesser de prendre le Conseil de sécurité
en otage» a encore affirmé Sidiki Kaba.
Contact presse : +33 (0)1 43 55 25 18/14 12
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