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Paris, le 3 avril 2003
Monsieur le Président,
La Fédération internationale des
ligues des droits de l'Homme (FlDH) souhaite vous faire part
de sa plus vive préoccupation après la récente
arrestation de 78 dissidents cubains au motif d'activités
prétendument " subversives ".
Ces arrestations et les poursuites engagées,
sur le fondement notamment de la loi 88 de protection de l'indépendance
nationale et de l'économie à Cuba, ne visent en
réalité qu'à sanctionner l'exercice, par
les personnes visées, des libertés d'opinion et
d'expression universellement garanties.
Selon la Commission cubaine des droits de l'Homme
et de réconciliation nationale (CCDHRN), association
membre de la FIDH, le Procureur s'apprêterait à
requérir des peines allant jusqu'à la réclusion
à perpétuité contre au moins onze des accusés,
parmi lesquels on compte de nombreux promoteurs du projet Varela,
et ce serait ainsi la première fois que des peines aussi
lourdes seraient requises pour des infractions à caractère
politique.
La FIDH qui a dénoncé de longue
date les conséquences néfastes de l'embargo illégal
imposé par les Etats Unis au peuple Cubain, souligne
que rien ne peut justifier les mesures prises par les autorités
cubaines.
Au contraire, les arrestations et les poursuites
engagées s'inscrivent en parfaite violation des engagements
internationaux souscrits par Cuba dans le domaine des droits
de l'Homme. Elles contredisent, en outre, la lettre et l'esprit
des accords de Cotonou, auxquels Cuba souhaite pourtant adhérer
et dont le respect des droits de l'Homme constitue un élément
essentiel.
En conséquence, la FIDH vous appelle avec
force, Monsieur le Président, à ordonner la libération
inconditionnelle et immédiate des 78 dissidents arrêtés.
Nous vous informons enfin que la FIDH saisit
de cette situation le Groupe de travail de l'ONU sur la détention
arbitraire.
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le
Président, notre considération distinguée.
Sidiki KABA
Président de la FIDH
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