Publication d’un rapport de mission internationale d’enquête

1er octobre au Cameroun anglophone
En 2001, des exécutions sommaires, en 2002, des dizaines d’arrestations
Situation à haut risque pour 2003 

Paris, le 25 septembre 2003

De retour d’une mission internationale d’enquête au Cameroun, la FIDH publie un rapport intitulé « un premier octobre de tous les dangers au Cameroun anglophone : comme d’habitude ? »,



Ce rapport vise à rappeler aux autorités camerounaises les engagements souscrits en matière de libertés d’expression, d’opinion et de manifestation afin d’éviter que se reproduisent les violations commises en 2001 et 2002 lors de la commémoration de la naissance de la République fédérale du Cameroun, le 1er octobre.
La mission qui s’est rendue au Cameroun du 23 août au 1er septembre 2003 met en exergue la répression sévère par les forces de l’ordre des manifestations pro-sécessionnistes dans plusieurs villes de provinces anglophones, depuis 2000 : Arrestations et détentions arbitraires, mauvais traitements, actes de torture, exécutions sommaires (pages 7 – 9).
Ces deux dernières années, les intimidations et pressions du pouvoir à l’encontre notamment des membres du Southern Cameroon National Council (SCNC), mouvement sécessionniste anglophone, se multiplient avant et après le 1er octobre (pages 9 – 11). Au travers des témoignages recueillis par les chargés de mission, « l’impression qui domine est celle d’une totale « carte blanche », laissées par les autorités camerounaises à leurs forces de l’ordre pour éviter toute contestation trop bruyante de la structure institutionnelle du pays » (page 9).
Aujourd’hui, à l’approche de cette commémoration, de nouvelles violations des droits de l’Homme sont à craindre. Déjà, le vendredi 15 août 2003, le Vice-Président de la zone Sud du SCNC, Monsieur Théodore Leke, a été arrêté, maltraité et emmené à la gendarmerie de Pendamboko. Il est, à ce jour, toujours détenu. La situation est d’autant plus préoccupante que depuis plusieurs années, on note l’absence dans l’agenda politique des autorités nationales de la prise en compte des revendications des différents groupes anglophones.
La FIDH appelle la communauté internationale à la vigilance à l’occasion des manifestations du 1er octobre. La FIDH rappelle que le Cameroun doit respecter les dispositions internationales et régionales relatives à la protection des droits humains qu’il a ratifiées, comme la liberté d’expression, d’opinion et de manifestation. La FIDH demande en outre aux autorités nationales de procéder à des enquêtes sur les actes de torture, d’exécutions sommaires et de disparitions forcées commises lors des commémorations précédentes ; d’identifier les auteurs de telles exactions et de les poursuivre conformément aux dispositions internationales relatives aux droits de l’Homme ; de permettre aux victimes et leur famille d’obtenir réparation.
Contacts presse : Madeleine Afité : 06 65 59 84 68
Benoît Van der Meerschen : 00 32 2 210 94 92

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