| Paris, le
17 mars 2003
La Fédération Internationale des ligues des droits
de l’Homme (FIDH) condamne avec la plus grande vigueur
le coup d’Etat du Général François
Bozizé intervenu le 15 mars 2003.
La FIDH rappelle son attachement indéfectible aux principes
démocratiques et condamne avec la plus grande fermeté
les modes d'accession violente au pouvoir.
La FIDH, ayant noté les mesures radicales, annoncées
par les putschistes, de suspension de l’ordre légal,
appelle les nouvelles autorités de facto à rétablir
sans délai la légalité constitutionnelle.
Elle dénonce avec vigueur les graves violences qui
accompagnent cet ultime coup de force, et en particulier les
pillages systématiques en cours. Elle souligne à
cet égard la responsabilité non seulement des
putschistes, mais aussi de toutes les forces ayant participé
à la déstabilisation de la RCA.
La FIDH appelle les mercenaires et les forces étrangères
qui seraient impliquées dans les derniers événements
à quitter sans délai la RCA.
La FIDH appelle les putschistes et l’ensemble des forces
en présence, à se conformer strictement au respect
des normes fondamentales du droit international humanitaire
et des droits de l’Homme, notamment les Conventions de
Genève de 1949. Elle leur rappelle leur obligation, en
particulier, de protéger les populations civiles en toutes
circonstances.
La FIDH souligne enfin que, la RCA a ratifié le statut
de la Cour pénale internationale (CPI), et que par conséquent
tout auteur, quel que soit sa position officielle, de crimes
internationaux commis sur le territoire de la RCA depuis le
1er juillet 2002, engage sa responsabilité pénale
individuelle.
La FIDH rappelle qu’elle a saisi formellement la Cour
pénale internationale, le 13 février 2003, des
crimes de guerre perpétrés dans le contexte de
la précédente tentative de coup d’Etat du
Général Bozizé à l’automne
2002. Dans le rapport « Crimes de guerre en République
Centrafricaine » qu’elle a rendu public en février
2003 portant sur ces événements , la FIDH soulignait
que les combats menés dans la capitale du 25 au 31 octobre
2002 par les troupes du Général Bozizé
étaient « des actes prohibés par le Statut
de Rome en son article 8, par l'article 3 commun aux Conventions
de Genève de 1949 et autres lois et coutumes applicables
aux confits internes, tels que les meurtres et les atteintes
portées à la vie et à l'intégrité
corporelle. »
La FIDH ne manquera pas de tenir dûment informée
la CPI de l’évolution de la situation. |