| Paris - Genève,
17 avril 2003
La Fédération Internationale des Ligues des Droits
de l’Homme (FIDH) et l'Organisation Mondiale Contre la
Torture (OMCT) dans le cadre de leur programme conjoint de l'Observatoire
pour la protection des défenseurs droits de l'Homme,
souhaitent rendre public le refus des autorités du Bélarus
d’autoriser une mission internationale d’enquête
à se rendre dans ce pays.
Par une lettre du 3 décembre 2002, l'Observatoire a,
en effet, sollicité une autorisation officielle aux fins
d'enquêter sur les conditions de détention de Monsieur
Yuri Bandazhevski dans l'établissement pénitentiaire
au sein duquel il est incarcéré.
A plusieurs reprises, l'Observatoire a renouvelé sa
requête sans qu’aucune réponse ne soit donnée
à ce jour par l’Ambassade du Bélarus à
Paris.
Monsieur Yuri Bandazhevski est un scientifique, de renommé
internationale, spécialisé dans la recherche médicale
liée à la radioactivité nucléaire
et ancien recteur de l'institut d'Etat de médecine de
Gomel. Certains de ses travaux de recherche ont révélé
les effets néfastes de la catastrophe de Tchernobyl sur
la population du Bélarus et contredisent la thèse
officielle des autorités. Par ailleurs, il a critiqué
le détournement de budgets au sein du ministère
de la Santé, qui auraient du servir à la recherche
dans ce domaine.
Le 18 juin 2001, il a été condamné à
huit années de détention sous régime strict
au motif qu'il aurait demandé des pots-de-vin aux parents
d'élèves de l'Institut. Depuis sa mise en détention,
son état de santé psychologique et physique s'est
nettement détérioré, notamment depuis cet
automne ce qui a motivé notre demande de pouvoir effectuer
une mission d’enquête.
L'Observatoire est régulièrement intervenu en
faveur de M. Bandazhevski depuis son arrestation et a notamment
saisi le Groupe de travail sur la détention arbitraire
des Nations Unies, considérant que la détention
M. Bandazhevski ne vise qu'à sanctionner son activité
de défenseur et l'exercice des libertés d'expression
et d'opinion.
L'Observatoire considère que le refus des autorités
s'inscrit en l’espèce en violation des principaux
instruments internationaux de protection des droits de l’Homme
et notamment l’article 6 c) de la Déclaration sur
les défenseurs des droits de l'Homme adoptée par
l'Assemblée générale des Nations Unis le
9 décembre 1998 qui confère le droit“ d'étudier,
discuter, apprécier et évaluer le respect, tant
en droit qu'en pratique, de tous les droits de l'Homme et de
toutes les libertés fondamentales et, par ces moyens
et d'autres moyens appropriés, d'appeler l'attention
du public sur la question”.
L’Observatoire déplore la position des autorités
et réitère son appel en faveur de la libération
de M. Bandazhevski au regard du caractère arbitraire
de sa détention et du respect de son intégrité
physique et psychologique. |