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La F.I.D.H. et la Ligue Iteka appellent au respect des accords signés
et à la poursuite des négociations de cessez-le
–feu
Paris, le 25 avril 2003
Après la signature d’un accord de cessez-le-feu
le 2 décembre 2002 à Dar-es-salaam entre le gouvernement
de transition et l’un des principaux mouvements rebelles
le CNDD-FDD (Forces pour la Défense de la Démocratie),
la FIDH et son organisation membre la Ligue Burundaise des Droits
de l’Homme Iteka, s’étaient félicités
de cette étape importante dans le règlement du
conflit burundais. Malheureusement, aussitôt signé,
cet accord de cessez-le-feu a été violé,
les combats sur terrain ayant repris de plus belle.
Au cours de ce mois d’avril 2003, les combats font rage
dans plusieurs provinces du pays notamment Bujumbura Rural,
Muramvya, Gitega, Ruyigi, Kayanza et dans la Mairie de Bujumbura,
causant la mort et le déplacement des populations civiles.
Depuis le 17 avril 2003, les rebelles ont largué aveuglement
des bombes sur la capitale Bujumbura et les centres urbains
de Gitega et Ruyigi. Les dégâts humains et matériels
de ces récents bombardements sont lourds : plus de 6
civils tués, 43 blessés et 16 maisons détruites
pour la seule ville de Bujumbura entre les 17 et 19 avril 2003.
Ces attaques ont éclaté moins de deux semaines
avant la passation de pouvoir entre le président de la
première et celui de la deuxième transition prévue
pour le 30 avril 2003.Deux chargés de mission de la FIDH
présents à Bujumbura entre les 15 et 20 avril
2003 à l’occasion d’une mission internationale
ont constaté que c’est à nouveau un climat
de peur et d’insécurité qui prévaut
dans la capitale burundaise.
Dans la province de Bujumbura Rural, les bombardements des positions
rebelles par l’armée régulière ont
provoqué la panique et le déplacement des dizaines
de milliers de civils. Des civils ont aussi été
tués dans la nuit du 22 au 23 avril 2003 lors des affrontements
entre les rebelles et l’armée régulière,
la population de Kabezi accusant cette dernière.Face
à cette escalade de violences qui touchent des civils
innocents, la FIDH et son affiliée burundaise, la Ligue
Iteka :
Condamnent avec force la violation du cessez-le-feu qui hypothèque
le processus de règlement du conflit burundais ;
Dénoncent à l’instar de la Commission des
droits de l’homme dans une résolution adoptée
lors de sa 59ème session « les violences aveuglent
dirigées contre la population civile ».Toute la
lumière doit être faite sur ces violations flagrantes
du droit international humanitaire et les sanctions appropriées
contre les auteurs de telles exactions doivent être prises,
conformément aux dispositions internationales relatives
aux droits de l’Homme.
A cet égard, la FIDH et la ligue Iteka se félicitent
de l’adoption à l’unanimité par l’Assemblée
nationale de transition, le 22 avril 2003, de la loi portant
ratification du Statut de la Cour Pénale Internationale.
- Appellent les forces rebelles et l’armée régulière
au respect du droit international des droits de l’Homme
et au droit international humanitaire ;- Demandent à
la classe politique burundaise de dénoncer tout acte
de violence quels que soient les victimes et les auteurs ;
- Appellent le gouvernement de transition à poursuivre
le dialogue avec les forces rebelles afin que les acquis du
processus de paix ne soient anéantis ;
- Appellent toutes les parties burundaises en conflit à
s’inscrire dans la logique de la recherche de la paix.
Le règlement de la crise burundaise passera par la voie
politique et seule une solution négociée dans
le cadre de l’Accord d’Arusha du 28 août 2000
permettra au pays de renouer avec la stabilité, conformément
aux vœux du peuple burundais ;
- Demandent aux pays de l’initiative régionale
sur le Burundi et au Conseil de sécurité des Nations
Unies de suivre de près l’évolution de la
situation au Burundi et d’adopter des stratégies
conséquentes. |