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Paris,
le 19 avril 2002
Alors que le Liban et l'Algérie s'apprêtent à
signer dans les prochains jours avec l'Union européenne
des accords d'association, à l'occasion de la réunion
interministérielle de Valence, la FIDH attire l'attention
des responsables européens sur la situation des droits
de l'Homme en Algérie et au Liban.
La FIDH
est extrêmement préoccupée par la situation
des droits de l'Homme en Algérie et rappelle que les
organes des Nations unies composés d'experts indépendants
- comme le Comité des droits de l'Homme, le Comité
sur l'élimination de la discrimination à l'encontre
des femmes, le Comité sur les droits économiques
et sociaux, etc - ont de manière répétée
mis en évidence la responsabilité directe des
autorités algériennes dans la perpétration
systématique de violations des droits humains (civils
et politiques, mais également économiques et sociaux)
et déploré l'impunité totale dont bénéficient
leurs auteurs.
Par ailleurs,
les autorités algériennes ne respectent pas leur
engagement de collaborer avec les organes des Nations unies
dans le domaine des droits de l'Homme : elles n'ont pas permis
la visite des rapporteurs de l'ONU qui ont pourtant demandé
à s'y rendre (Rapporteur spécial sur les exécutions
sommaires, Rapporteur spécial sur la torture, Groupe
de travail sur les disparitions forcées, etc). Elles
n'ont pas non plus répondu aux demandes des organisations
non-gouvernementales de défense des droits de l'Homme
de se rendre en Algérie. Depuis sa mission en Algérie
en 1999, la FIDH a adressé trois nouvelles demandes aux
autorités algériennes sans recevoir de réponse.
La FIDH
attire également l'attention sur la situation préoccupante
des droits de l'Homme au Liban. Sur de nombreux points, tant
la législation libanaise que sa mise en uvre, ne
sont pas conformes aux instruments internationaux de protection
des droits de l'Homme, auxquels le Liban est partie. La FIDH
est notamment préoccupée par la question des disparitions,
par la situation dramatique des réfugiés palestiniens,
et par celle des demandeurs d'asiles non palestiniens, les entraves
faites à la liberté d'expression, ou encore la
pratique de la détention arbitraire.
La FIDH
appelle les Etats membres de l'UE et le Liban et l'Algérie
à garantir que la clause engageant les Etats au respect
des droits de l'Homme (art.2) soit utilisée comme un
outil de protection et de promotion des droits de l'Homme. La
FIDH attend aujourd'hui de l'Union européenne qu'elle
demande aux autorités libanaise et algérienne
de respecter les conventions internationales en matière
de respect des droits de l'Homme qu'elles ont ratifiées.
Cette clause doit constituer le fondement d'un dialogue approfondi
sur les droits de l'Homme, et permettre aux parties à
l'accord de soulever leurs préoccupations dans ce domaine,
mais aussi d'essayer d'identifier des mesures afin d'améliorer
la situation. Conformément à la conclusion du
Conseil européen de juin 2001, ce dialogue doit se fonder
sur les recommandations existantes formulées au sein
des Nations-Unies par les mécanismes internationaux relatifs
aux droits de l'Homme (comme le Comité des droits de
l'Homme de l'ONU). La FIDH appelle en particulier la présidence
espagnole de l'Union à s'engager effectivement à
cette fin.
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