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Paris,
le 25 octobre 2002
A la veille
de l'intervention de Carla Del Ponte, Procureur du Tribunal
Pénal International pour le Rwanda (TPIR), devant le
Conseil de sécurité de l'ONU, la FIDH publie le
rapport d'une mission d'information sur le rôle et la
place des victimes devant le TPIR.
Depuis plusieurs
mois, les relations entre les autorités rwandaises et
les associations de victimes du génocide et des massacres
commis au Rwanda d'une part, et le TPIR de l'autre, se sont
considérablement dégradées, à tel
point que les associations de victimes ont annoncé l'arrêt
complet de leur collaboration avec le TPIR.
Dans ce
contexte, la FIDH a mandaté une mission internationale
d'information à Arusha, Tanzanie, siège du TPIR,
et au Rwanda, afin de recueillir des informations permettant
d'analyser cette situation de blocage.
Les chargés
de mission ont effectué des entretiens avec des représentants
du TPIR. Au Rwanda, ils ont eu des entretiens avec les autorités
rwandaises, les associations de victimes, les représentants
d'ONGs, les ambassadeurs et bailleurs de fonds présents
au Rwanda, ainsi que des victimes ayant témoigné
à Arusha. Ils ont ainsi pu établir les difficultés
rencontrées par les victimes-témoins avant, pendant
et après le procès, telles que l'absence d'encadrement
psychologique pendant ou après leur témoignage,
le caractère parfois excessivement intrusif des contre-interrogatoires
des victimes ou la protection insuffisante dont elles bénéficient.
De même, l'absence de possibilité de se constituer
partie civile et l'absence d'un droit des victimes à
réparation contribuent à leur sentiment que leur
rôle et leur importance ne sont pas reconnus.
Certaines
critiques apparaissent exagérées et semblent par
ailleurs utilisées à d'autres fins que l'intérêt
des victimes par les autorités rwandaises. En revanche,
d'autres difficultés soulevées par les victimes
sont réelles et la FIDH formule des recommandations afin
de les surmonter. En toute hypothèse, l'arrêt du
dialogue entre les associations de victimes et le TPIR ne peut
que nuire à l'intérêt des victimes, que
les associations sont censées défendre.
Le rapport
rendu public aujourd'hui met en évidence des degres differents
de responsabilite des différents acteurs concernés
dans la situation actuelle de blocage :
- Le TPIR
pourrait développer des propositions complémentaires
afin de répondre aux besoins des victimes, notamment
s'agissant de l'encadrement psychologique et de la protection
des témoins.
- Les associations
de victimes devraient avoir pour objectif exclusif de défendre
l'intérêt des victimes, ce qui suppose qu'elles
assument, en pleine indépendance, un rôle d'accompagnement
et de soutien à leur égard et formulent des critiques
constructives vis-à-vis du Tribunal plutôt que
des reproches parfois largement excessifs.
- Les autorités
rwandaises ont une responsabilité essentielle dans les
blocages intervenus. La FIDH appelle en conséquence le
Rwanda à coopérer pleinement avec le Tribunal,
comme il en a l'obligation, ce qui suppose notamment qu'il reconnaisse
la compétence du Tribunal pour juger des crimes de guerre
commis par des militaires du FPR en 1994, conformément
au Statut du Tribunal.
- Enfin,
la FIDH dénonce l'hypocrisie de la communauté
internationale, qui semble en réalité se désintéresser
du TPIR au moment où il aurait précisément
besoin d'un soutien déterminé. Elle appelle en
conséquence le Conseil de sécurité à
soutenir fermement le Tribunal à l'occasion de sa réunion
du 29 octobre.
Le rapport de situation est disponible sur le site FIDH sur
:
http://www.fidh.org/afriq/rapport/2002/rw343f.pdf
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