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25 octobre
2002
C'est une
première en France ! Le 24 octobre 2002, la Cour de Cassation
rejette le pourvoi d'Ely Ould Dah et renvoie l'affaire devant
la Cour d'Assises pour crimes de torture sur le fondement de
la compétence universelle.
Au nom de
deux victimes, la FIDH et la LDH, avec le soutien de l'Association
Mauritanienne des Droits de l'Homme, membre de la FIDH, et les
associations de victimes mauritaniennes ont engagé, le
4 juin 1999, une procédure pour l'ouverture d'une information
judiciaire à l'encontre du capitaine mauritanien Ely
Ould Dah. Ce dernier, à l'époque des faits incriminés,
officier de renseignements de la base de la prison de Jreida,
est accusé d'actes de tortures contre des militaires
négro-mauritaniens en 1990 et 1991*.
Mis en examen
en juillet 1999 pour crimes de torture puis libéré
sous contrôle judiciaire, Ely Ould Dah a pu s'enfuir en
Mauritanie malgré une assignation à résidence
en France. La justice le rattrape aujourd'hui.
L'article
689-1 du Code de procédure pénale établit
la compétence universelle des tribunaux français
pour connaître du crime de torture en application de la
convention de 1984 contre la torture. Cet instrument essentiel
de la lutte contre l'impunité des auteurs des crimes
les plus graves n'a jamais, à ce jour, été
utilisé à son terme en France. L'unique exemple
de son application pénale dans le monde demeure le procès
des génocidaires rwandais en Belgique.
Ce nouveau
procès arrive à point nommé dans un contexte
politique et juridique de dénigrement qui vise à
limiter les effets de la compétence universelle. Le procès
même par contumace d'Ely Ould Dah constitue ainsi un espoir
pour les victimes des crimes les plus graves comme ceux, parmi
beaucoup d'autres, commis au Beach de Brazzaville, au Rwanda,
en Tunisie, au Tchad
Pour les
victimes, pour la FIDH et la LDH et pour l'exemple, l'arrêt
de la Cour de cassation française représente une
victoire importante.
* Rappel de la procédure :
Avocats de la FIDH et la LDH : Maitres BAUDELOT et OTTAN
Avocats de Ely Ould Dah: Maîtres Luc ABRATKIEWICZ et Gérard
CHRISTOL
·Le 4 juin 1999, la Ligue des droits de l'homme et la
Fédération internationale des Ligues des Droits
de l'Homme ont engagé une procédure pour l'ouverture
d'une information judiciaire à l'encontre de l'officier
mauritanien, Ely Ould Dah, auprès du procureur de la
République du tribunal de Montpellier sur le fondement
de l'article 689-1 du Code de Procédure Pénale
qui établit la compétence universelle des tribunaux
français pour connaître du crime de torture, incriminé
par l'article 222-1, en application de la convention de 1984
contre la torture.
·Ely Ould Dah est mis en examen pour "crimes de
torture", par la chambre d'accusation de la cour d'appel
de Montpellier.
·Ecroué le 2 juillet 1999, Ely Ould Dah est mis
en libération sous contrôle judiciaire, le 28 septembre
1999, à la demande de ses avocats.
·Le 5 janvier 2000, les avocats d'Ely Ould Dah ont déposé
une requête en annulation de la procédure. Elle
a été plaidée le 17 février 2000.
·Le 14 mars 2000, les juges de la chambre d'accusation
ont rejeté la requête de la défense, considérant
que la procédure ne comportait pas de vices de forme.
·Le 5 avril 2000, Ely Ould Dah fuit la France et retourne
en Mauritanie. Une enquête est ouverte en France pour
déterminer les circonstances de sa fuite.
·Par une lettre du 30 juin 2000 le juge d'instruction
demande la communication du dossier de procédure au procureur.
Le 25 mai 2001, le juge d'instruction a rendu une ordonnance
de mise en accusation d'Ely Ould Dah devant la Cour d'assises.
·Le 20 juin 2001, l'avocat d'Ely Ould Dah a fait appel
de l'ordonnance de mise en accusation. La régularité
de ce recours est incertaine car il pourrait avoir été
déposé hors délai. De plus la régularité
de la notification de l'ordonnance de mise en accusation est
elle-même mise en cause.
·Le 08 novembre 2001, la Chambre de l'Instruction de
Montpellier a déclaré irrecevable l'appel d'Ely
Ould Dah comme tardif. L'avocat d'Ely Ould Dah a donc formé
un pourvoi en cassation.
·Le 06 mars 2002, La chambre criminelle de la Cour de
cassation a cassé la décision de la chambre d'instruction
de Montpellier et renvoyé l'affaire devant la Cour d'appel
de Nîmes. C'est la régularité de la signification
de l'ordonnance de mise en accusation qui justifie cette cassation,
cette ordonnance n'ayant pas été signifiée
dans les formes requises, le délai d'appel n'a pas commencé
à courir et il ne peut donc pas être déclaré
tardif.
·Le 8 juillet 2002 la Chambre de l'instruction de la
Cour d'appel de Nîmes ordonne la mise en accusation de
Ely Ould Dah devant la Cour d'assises du GARD.
·Le 15 juillet 2002, Ely Ould Dah se pourvoit en cassation.
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