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Paris,
Genève, Bruxelles, le 11 janvier 2001
Le 19 avril
2001, l'Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l'Homme l'Homme et ASF - Belgique saisissaient
le Groupe de travail sur la détention arbitraire des
Nations Unies du cas du Capitaine Mustapha ADIB, jeune militaire
marocain condamné à deux ans et demi d'emprisonnement
pour avoir dénoncé des faits de corruption au
sein de l'armée.
Ce n'est que parce qu'il avait été témoin
de faits de corruption au sein de l'armée marocaine,
parce qu'il avait refusé de s'y impliquer et parce qu'il
l'avait dénoncée - en particulier au journal français
Le Monde -, que le Capitaine Adib avait été condamné
à une peine de deux ans et demi d'emprisonnement au Maroc,
ainsi qu'à sa radiation de l'armée pour "
violation de consigne " et " outrage à l'armée
". Il est détenu depuis le cinq décembre
1999.
Dans son avis prononcé le 3 décembre 2001 et rendu
public ce 10 janvier 2002, le Groupe de Travail sur la détention
arbitraire déclare que " La privation de liberté
de Mustapha Adib est arbitraire, car elle est contraire aux
articles 9 et 10 de la Déclaration universelle des droits
de l'Homme et aux articles 9 et 14 du Pacte international relatif
aux droits civils et politiques ", dispositions qui consacrent
le droit à un procès équitable.
Il relève, en particulier, que " Mustapha Adib a
été jugé par un tribunal militaire qui
de par sa composition et le mode de désignation de ses
membres est une juridiction dont l'indépendance vis à
vis de l'exécutif est souvent mise en cause ; mais qui
de surcroît a agi dans le cas d'espèce de façon
à mettre en doute son impartialité en portant
atteinte à la présomtion d'innocence de l'accusé
et en entravant sa défense. Le Groupe considère
qu'en application de l'article 14 paragraphe I du Pacte international
relatif aux droits civils et politiques que lorsque le procès
n'est pas conduit par un tribunal compétent, indépendant
et impartial, la gravité de la violation du droit à
un juste procès est telle qu'elle confère à
la décision de privation de liberté un caractère
arbitraire ".
Enfin, le Groupe de travail " demande au Gouvernement marocain
de prendre les mesures nécessaires pour remédier
à la situation et la rendre conforme aux normes et aux
principes énoncés dans la Déclaration universelle
des droits de l'Homme et dans le Pacte international relatif
aux droits civils et politiques ".
L'Observatoire et Avocats Sans Frontières demandent aux
autorités marocaines de tirer toutes les conséquences
de l'avis prononcé par ce mécanisme onusien composé
d'experts indépendants, en libérant immédiatement
et sans condition Monsieur Mustapha Adib, en le réintégrant
dans ses droits, et en lui octroyant les indemnités auxquelles
il peut prétendre en raison de la détention arbitraire
avérée de plus de deux ans qu'il a subie.
Contact
presse : FIDH : Driss El Yazami 33 1 43 55 25 18 / ASF : Caroline
Stainier 32 2 223 36 54
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