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Paris
le 17 décembre
Le 27 décembre,
la Cour d'appel des imprimés au Liban rendra son verdict
sur le maintien ou non de la fermeture de la chaîne de
télévision privée MTV, créée
en 1991. La FIDH avait exprimé sa préoccupation
lors de la fermeture brutale de MTV, le 4 septembre. Les locaux
de la chaîne avaient été encerclés
par les forces de police et les employés violemment expulsés.
La radio Radio Mont Liban (RML) avait subi le même sort.
(voir communiqué du 5 septembre). MTV et RML appartiennent
à Gabriel El Murr.
Les verdicts
de la Cour d'appel des imprimés sont sans appel. Un premier
recours avait été rejeté le 21 octobre,
le tribunal ayant considéré que la décision
de fermeture constituait une mesure administrative et qu'elle
était, par conséquent, sans appel. MTV avait été
sanctionnée pour avoir " porté atteinte aux
relations avec la Syrie et à la dignité du chef
de l'Etat Emile Lahoud et pour avoir violé les dispositions
de la loi électorale ".
La fermeture
de la chaîne avait été décidée
au motif de publicité électorale illicite, et
conformément à l'article 68 de la loi électorale
2000, qui stipule " il est interdit à tous les médias
audiovisuels ainsi qu'à la presse écrite (
)
de faire de la publicité politique tout au long de la
durée de la campagne électorale (
) les médias
qui ne respectent pas cette disposition sont passibles de fermeture
totale(
) ".
La FIDH
s'inquiète de l'application sélective de cette
loi, qui semble motivée par des considérations
d'ordre politique. En effet, il est à noter qu'au cours
de la même période, des médias proches du
pouvoir ont violé la loi électorale sans en être
pour autant inquiétés.
Si la fermeture
de MTV était confirmée le 27 décembre,
cette décision constituerait un dangereux précédent
en matière de liberté d'expression au Liban et
d'indépendance de la justice.
La FIDH
réitère ses recommandations aux autorités
libanaises, en demandant notamment :
- d'autoriser
la réouverture de MTV et RML ;
- de procéder à une révision de l'article
68 de la loi électorale 2000 afin de garantir le droit
à la liberté d'expression, conformément
à l'article 19 du Pacte International relatif aux droits
civils et politiques, d'après lequel les seules restrictions
possibles à la liberté d'expression sont celles
" nécessaires qu respect des droits ou de la réputation
d'autrui, à la sauvegarde de la sécurité
nationale, de l'ordre public, de la santé ou de la moralité
publique " ;
- de procéder à une enquête sur les brutalités
policières constatées lors de la fermeture de
MTV.
La FIDH
demande également aux autorités de respecter l'indépendance
de la justice et les droits de la défense, conformément
aux instruments internationaux de défense des droits
de l'homme.
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