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Paris
- Genève, le 20 mars 2002
La
FIDH a formellement saisi la Commission des droits de l'Homme
de l'ONU le 20 mars 2002
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Oral Intervention
Point 4 of the Order of the Day
Report of the High Commissioner of Human Rights of the United
Nations and followed by the World Conference on Human Rights.
La
FIDH a formellement saisi ce jour la Commission des droits de
l'Homme de l'ONU qui vient d'entamer, à Genève
sa 58ème session, des profondes préoccupations
que lui inspire la lutte antiterroriste développée
après le 11 septembre 2001. La FIDH a appelé les
53 Etats membres " à ne pas sacrifier les droits
de l'Homme sur l'autel de la lutte antiterroriste ".
Cette
saisine fait suite à celles entreprises par la FIDH du
Groupe de travail sur la détention arbitraire de l'ONU
le 22 janvier 2001 ; de la Commission interaméricaine
des droits de l'Homme le 13 mars 2002 à propos des détenus
de Guantanamo bay (saisine conjointe qui vient de déboucher
sur une injonction faite aux Etats-Unis dans le cadre de la
procédure d'urgence) ; et du Comité de l'ONU pour
l'élimination de toutes formes de discrimination raciale
s'agissant des lois discriminatoires adoptées par les
Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Allemagne.
Pour
Sidiki Kaba, Président de la FIDH, " la Commission
a l'obligation de rappeler haut et fort que tout n'est pas permis
! Les dérives actuellement constatées dans nombre
d'Etats sont porteuses d'une terrible régression qui
dépasse largement les nécessités de la
lutte antiterroriste. L'impératif du respect des normes
universelles de protection des droits de l'Homme doit être
asséné sans relâche. Le respect de la dignité
humaine, c'est en fin de compte ce qui distingue une communauté
internationale organisée des fanatiques de tous ordres
".
Au
terme de la Charte des Nations unies (art. 1-3, 55, 56 et 68),
la Commission des droits de l'Homme a la responsabilité
première de favoriser " le respect universel et
effectif des droits de l'Homme et des libertés fondamentales
pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de
religion ". La composition actuelle de la Commission, dont
sont membres nombre d 'Etats connus pour violer quotidiennement
les droits de l'Homme, souligne par l'absurde la difficulté
de la tâche. La FIDH compte néanmoins sur la mobilisation
des Etats, du Nord comme du Sud, qui clament leur adhésion
aux normes universelles. Elle les appelle à prendre l'initiative
au sein de la Commission et saisir ainsi la perche qui leur
est tendue par la Haute commissaire au Droits de l'Homme aujourd'hui.
La
Commission devrait en particulier demander au Conseil de sécurité
d'associer formellement et de façon permanente la Haute
commissaire aux droits de l'Homme, au mécanisme de mise
en uvre de sa résolution 1373. Elle devrait commander
à celle-ci un rapport d'urgence sur la compatibilité
des mesures et pratiques antiterroristes avec les obligations
internationales des Etats. Ce rapport devrait être présenté
au plus vite au Comité contre le terrorisme du Conseil
de sécurité des Nations unies, et actualisé
pour l'Assemblée générale. La Commission
des droits de l'Homme devrait formellement mobiliser l'ensemble
de ses mécanismes thématiques et géographiques
sur ce même sujet, et manifester son adhésion formelle
à l'appel lancé à ceux-ci aux Etats le
10 décembre dernier.
Ces
recommandations seront développées le 22/03, à
l'occasion d'une réunion organisée au Palais des
Nations (salle XXIII) à Genève de 13 heures à
15 heures conjointement par la FIDH, Amnesty International,
Human Rights Watch, International Commission of Jurists et le
Cairo Institute for Human Rights.
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