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Paris-Genève,
3 Décembre 2002
La Fédération
Internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et l'Organisation
Mondiale contre la Torture (OMCT), dans le cadre de leur programme
conjoint l'Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l'Homme, se félicitent de la décision
rendue le 3 décembre 2002 par la Cour de Cassation du
Caire, ordonnant la mise en liberté du Docteur Saad El
Din Ibrahim, directeur du centre Ibn Khaldoun pour les études
et le développement (Ibn Khaldun Center for Development
Studies), et de ses trois co-accusés.
La Cour
de Cassation a par ailleurs décidé de la tenue
d'une nouvelle audience, fixée au 7 janvier 2003, lors
de laquelle elle devra rendre un jugement définitif sur
la forme et le fond. Dr. Saad El Din Ibrahim devrait être
libéré dans les prochaines heures. L'Observatoire
pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme
a mandaté Me Anouar Kousri, avocat tunisien et vice-président
de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme
(LTDH) en tant qu'observateur au procès.
Dr. Saad
El Din Ibrahim est poursuivi sur la base du Décret militaire
n°4 de 1992, adopté dans le cadre de la Loi sur l'Etat
d'urgence de 1981, qui interdit la réception de fonds
étrangers sans l'autorisation préalable des autorités.
Il est également poursuivi pour falsification de cartes
électorales, dissémination de fausses informations
à l'étranger en vue de porter atteinte aux intérêts
de l'Egypte, et extorsion de fonds. Depuis le début de
la procédure, l'Observatoire considère ces charges
arbitraires car elles ne visent qu'à sanctionner l'activité
du Dr. Saad El Din Ibrahim en faveur des droits de l'Homme et
de la démocratie en Egypte. Ces poursuites illustrent
par ailleurs les entraves posées à la liberté
d'association en Egypte.
Dr Saad
El Din Ibrahim avait été condamné une première
fois à 7 ans d'emprisonnement le 21 mai 2001 par une
Cour pénale de sécurité de l'Etat. Le 6
février 2002, la Cour de Cassation avait cassé
cette décision et renvoyé l'affaire devant une
autre Cour pénale de sécurité de l'Etat,
pour vices de procédure. Dr. Saad El Din Ibrahim, qui
était détenu depuis sa condamnation, avait été
libéré le 7 février 2002. Neuf des 27 employés
du Centre, qui avaient été condamnés, dans
le cadre de la même affaire, à des peines de 1
à 5 ans d'emprisonnement ou à des peines de prison
avec sursis, avaient également bénéficié
de cette décision. Toutefois, lors du réexamen
de l'affaire par la Cour de Sécurité de l'Etat,
le 29 juin 2002, Dr. Saad El Din Ibrahim avait de nouveau été
condamné à sept années d'emprisonnement
et réincarcéré immédiatement après
l'audience, ainsi que trois co-accusés. Le Dr. Saad El
Din Ibrahim s'était immédiatement pourvu en cassation,
pourvoi que la Cour vient d'accepter ce matin.
La FIDH
et l'OMCT demandent aux plus hautes autorités égyptiennes
de garantir l'indépendance de la justice lors du réexamen
de l'affaire, de façon à ce que les charges pesant
contre le Dr Saad El Din Ibrahim soient abandonnées en
raison de leur caractère arbitraire.
Pour de
plus amples informations veuillez contacter :
FIDH : Driss
el Yazami, secrétaire général - tél
: 00 33 1 43 55 20 11, fax : 00 33 1 43 55 18 80
OMCT : Eric
Sottas, Directeur ; Laurence Cuny : Programme défenseurs
tél : 00 41 22 809 49 39 / 24 ; fax : 00 41 22 809 49
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