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Paris,
le 29 août 2002
Une plainte
avec constitution de partie civile vient dêtre déposée
en France par deux ressortissants birmans contre des responsables
des sociétés TOTALFINAELF SA et sa filiale birmane
TEPM, pour séquestration dans le cadre du chantier de
gazoduc de Yadana.
Les dirigeants
de TOTALFINAELF, y compris Messieurs Thierry Desmaret et Hervé
Madeo, dirigeants à lépoque des faits, sont
notamment accusés par les victimes davoir, dès
louverture du chantier, en pleine connaissance du travail
forcé en Birmanie, eu recours à des travailleurs
forcés par letruchement de larmée birmane,
et ce au bénéfice du projet de TOTAL. Il est en
outre démontré que, dans la commission de linfraction,
le rôle des personnes visées a été
déterminant et que, entre les acteurs français
et birmans du projet, il y a eu simultanéité daction
et assistance réciproque.
La FIDH
souligne que les violations systématiques des droits
de lHomme, en particulier le travail forcé, se
sont poursuivies dans le contexte du chantier en dépit
de la multiplication à léchelle internationale
des dénonciations et des mises en garde par de nombreuses
instances gouvernementales,intergouvernementales et non-gouvernementales
: rapport de la Fédération internationale des
ligues des droits de lHomme (FIDH) paru en 1996, rapport
de la Mission d'information de la Commission des Affaires étrangères
de l'Assemblée Nationale de 1999, sanction de la Commission
européenne contre le régime birman par un règlement
du Conseil de mars 1997 et saisine de lOrganisation international
du travail (OIT).
la FIDH
et la Ligue française des droits de lHomme et du
citoyen (LDH) appuient les actions consistant à demander
des comptes aux dirigeants des entreprises multinationales qui,
au nom dintérêts économiques, se rendent
responsables, complices ou, en tout état de cause, bénéficient
de la perpétration de violations des droits de lhomme.
La FIDH et la LDH soutiennent donc la plainte déposée
en France contre des dirigeants du Groupe TOTAL, comme la FIDH
et son affiliée belge lavaient déjà
fait concernant la plainte déposée en Belgique
en avril dernier contre ce même Groupe pour complicité
de crimes contre lhumanité ; ou encore sagissant
des plaintes déposées par des victimes birmanes
aux Etats-Unis devant les juridictions civiles.
La FIDH
et la LDH réitèrent une nouvelle fois avec force
leur condamnation du projet TOTALFINAELF en Birmanie, qui ne
bénéficie en aucune façon aux populations
locales, et qui revient à accorder un soutien moral,
politique, financier et militaire à un régime
illégal, illégitime et condamnéinternationalement
pour lampleur des violations des droits de lHomme
dont il se rend coupable.
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