| D'après
les déclarations d'organisations de défense des
droits de l'Homme, le contrôle du système judiciaire
et la persécution des défenseurs des droits de l'Homme
sont deux des piliers de la répression étatique
en Tunisie.
En publiant
leur rapport sur les défenseurs de droits de l'Homme
en Tunisie, Human Rights Watch et l'Observatoire pour la protection
des défenseurs des droits de l'Homme apportent leur soutien
à la courageuse lettre ouverte du juge tunisois Mokhtar
Yahyaoui. Dans cette lettre, le juge Yahyaoui déplorait
que les juges en Tunisie soient " obligés de rendre
des verdicts dictés par les autorités exécutives
". Après la publication de cette lettre, le juge
Yahyaoui a été immédiatement suspendu de
son poste, une décision dénoncée par les
associations.
L'Observatoire
pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme,
est un programme conjoint de la Fédération internationale
des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et de l'Organisation
mondiale contre la torture (OMCT).
Ce rapport
est publié à l'occasion d'une conférence
de presse organisée par quatre députés
du parlement européen - Harlem Desir, Olivier Dupuis,
Roselyne Vaschetta, Helene Flautre - qui ont récemment
été en Tunisie. Cette conférence aura lieu
le 26 juillet à 11 h au Bureau d'information du Parlement
européen (288 Boulevard Saint Germain, 75007 Paris).
Dans le
rapport, intitulé " Tunisie: Le procès contre
la ligue des droits de l'Homme: un affront à tous les
militants ", Human Rights Watch et l'Observatoire pour
la protection des défenseurs de droits de l'Homme démontrent
la manipulation de la justice par le pouvoir tunisien, qui l'instrumentalise
pour contrer les activités de défense des droits
de l'Homme. Le 21 Juin, la Cour d'appel de Tunis a confirmé
la décision du tribunal de première instance annulant
les élections du congrès de la ligue tunisienne
des droits de l'Homme. Ce congrès avait élu démocratiquement
un comité directeur déterminé à
dénoncer publiquement les violations des droits de l'Homme.
Dans le même jugement et paradoxalement, la Cour d'appel
ordonnait à ce même comité d'organiser de
nouvelles élections. Depuis la décision de la
Cour d'Appel, le comité directeur de la ligue a continué
à dénoncer les violations des droits de l'Homme,
ce qui lui a valu une convocation du Ministère de l'Intérieur
qui lui a interdit toute activité autre que l'organisation
de nouvelles élections.
Contacts
presse:
Driss El Yazami, (français et arabe), Patrick Baudouin
(français), FIDH, 33 1 43 55 25 18
Eric Sottas (français, anglais, espagnol) et Laurence
Cuny (id.), OMCT, 41 22 809 49 39
Hanny Megally, Human Rights Watch (anglais et arabe) 001.212-216-1230
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Le Conseil
national pour les libertés en Tunisie (CNLT), autre organisation
phare dans le domaine des droits de l'Homme, demeure illégale
et ce suite à une décision de 1999 du Ministère
de l'Intérieur rejetant sa demande d'autorisation. Le
CNLT a porté cette affaire en justice il y a plus de
deux ans. Mais preuve que la justice n'est pas indépendante,
la démarche du CNLT est restée sans réponse.
Les tribunaux
tunisiens continuent de harceler et de condamner les membres
du CNLT. Sihem Ben Sedrine, représentante du CNLT a été
incarcérée il y a exactement un mois pour diffamation
et diffusion de fausses nouvelles, suite à sa critique
du système judiciaire tunisien. La loi tunisienne, en
violation du droit à la liberté d'expression,
prévoit que ces chefs d'inculpation entraînent
des peines de prison. Le juge en charge du dossier a usé
de son pouvoir discrétionnaire pour placer Sihem Ben
Sedrine en détention provisoire.
Membre du
CNLT, Moncef Marzouki est également victime de l'arbitraire
judiciaire. La peine d'un an de prison à laquelle il
a été condamné pour avoir été
reconnu coupable de diffamation et d'adhésion à
une association illégale, en l'occurrence le CNLT fait
l'objet d'une procédure d' appel par le procureur de
l'Etat qui la considère trop clémente. Le 24 juin,
la Cour d'appel de Tunis a remis l'examen de ce cas au 29 septembre
au motif que le verdict du procès de première
instance manquait au dossier. Ce report est utilisé par
les autorités comme un prétexte pour empêcher
Marzouki de quitter le territoire et lui fait courir le risque
d'être incarcéré à tout moment.
Human rights
Watch et l'Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l'Homme considèrent que " la liberté
des défenseurs des droits de l'Homme et l'indépendance
des juges constituent deux conditions essentielles pour la protection
des droits des citoyens " et que " le gouvernement
tunisien devrait les garantir plutôt que les réprimer".
Tunisie:
Le procès contre la ligue des droits de l'Homme: un affront
à tous les militants est disponible en français
et en anglais auprès de la FIDH, 17 passage de la Main
d'Or, 75 011 Paris, http://www.fidh.org), de l' OMCT, 8 rue
du Vieux Billard, ch-1211 Genève 8, et de Human Rights
Watch, 350 Fifth Avenue, New York, NY 10118-3299, http://www.hrw.org.
E. MAIL
: fidh@fidh.org
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