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Paris,
le 9 novembre 2001
La FIDH
apporte son soutien à la plainte déposée,
le 7 novembre, par six victimes tunisiennes auprès du
Procureur de la République de Paris.
Cette plainte qui vise des tortionnaires tunisiens est fondée
sur le principe de compétence universelle prévu
par l'article 5 de la Convention de 1984 contre la torture,
directement applicable par le juge français et ce quels
que soient la nationalité de l'auteur, celle des victimes
où le lieu où les crimes ont été
commis.
Si la présence du tortionnaire sur le territoire français
est une condition exigée par la Convention et reprise
par l'article 689.2 du code de procédure pénale
français pour exercer des poursuites, la preuve de cette
présence ne doit, en aucun cas, incomber aux victimes.
Une telle charge, dont la responsabilité ne peut qu'incomber
aux autorités de l'Etat concerné, serait parfaitement
contraire à la lettre, à l'esprit et à
la finalité de la Convention contre la torture.
Il est également utile de rappeler que les autorités
françaises ont déjà, et à juste
titre, admis cette interprétation. Selon la circulaire
du 22 juillet 1996 prise pour l'application de la loi du 22
mai 1996 portant adaptation de la législation française
aux dispositions du Statut du tribunal pénal international
pour le Rwanda, la condition de présence (du suspect)
" n'empêche pas les parquets de faire procéder,
au cours d'une enquête préliminaire, à l'audition
des personnes victimes de ces crimes qui se seraient réfugiées
en France."
On peut aussi rappeler, dans le même sens, l'avis de la
Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme du 16
février 1998 qui recommandait que " les parquets
reçoivent des instructions aux fins d'enquêter
systématiquement sur la localisation sur le territoire
français des auteurs des violations afin que la charge
de cette preuve n'incombe pas aux victimes ".
A l'occasion du 14ème anniversaire de la prise du pouvoir
par le Président Ben Ali, la FIDH réitère
sa ferme condamnation de l'usage systématique de la torture
par les pouvoirs publics tunisiens et du régime d'impunité
institutionnalisé.
La construction d'un espace judiciaire européen passe,
aussi, par une action déterminée contre les auteurs
de violations systématiques des droits de l'Homme, présents
en Europe.
Cette plainte constitue une étape supplémentaire
dans cette lutte contre l'impunité. La FIDH appelle les
autorités judiciaires françaises à se conformer
strictement à leurs obligations internationales en lui
donnant une suite favorable.
Contacts
: Service presse de la FIDH - 01 43 55 25 18
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