- Affaire Yawovi Agboyibo -
Les autorités togolaises persistent dans la violation des droits de l'Homme

Paris, le 22 août 2001 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) est vivement préoccupée par la condamnation et la détention de Maître Yawovi Abgoyibo, Président national du Comité d'Action pour le Renouveau (CAR). La FIDH considère en effet, au regard des obligations internationales du Togo dans le domaine des droits de l'Homme, que celles-ci sont arbitraires.
La FIDH demande la libération immédiate et inconditionnelle de Maître Yawovi Agboyibo et la poursuite des auteurs des violations des droits de l'Homme au Togo dénoncés notamment par celui-ci.

Maître Yawovi Agboyibo a été condamné par le tribunal correctionnel de Lomé à 6 mois de prison ferme avec mandat de dépôt, le 3 août 2001, pour diffamation à l'endroit de l'actuel Premier Ministre Monsieur Agbéyomé kodjo.
En réponse à sa lettre au Président Eyadéma, du 16 août 2001, la FIDH, s'est vu répondre, le 17 août 2001, par le Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, selon lequel "..dans un Etat de droit la justice se prononce en toute indépendance.." et s'étonne que "...la FIDH puisse remettre en cause une décision de justice…".
La FIDH rappelle que le Président de la République et le gouvernement sont garants de la mise en œuvre des obligations internationales du Togo, dont ils sont comptables.
Elle maintient que le procès s'est déroulé en violation des normes fondamentales du droit à un procès équitable. Notamment, des doutes sérieux pèsent sur l'indépendance du tribunal dont le président n'est autre que le représentant du parti au pouvoir à la Commission électorale nationale (CENI).

La FIDH est particulièrement préoccupée par l'impunité qui prévaut au Togo. Les éléments de la bande de malfaiteurs formellement identifiés et mis en cause dans l'assassinat de Monsieur Kegbe Mathieu Koffi, le 29 septembre 1998, circulent librement.
La construction effective d'un Etat de droit ne peut s'accommoder de l'impunité et de la persistance des violations des droits de l'Homme.
La FIDH appelle une nouvelle fois au respect par les autorités togolaises des instruments internationaux auxquels l'Etat a souscrit, et en particulier à l'arrêt de toute répression et menaces à l'encontre de l'opposition.

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