Lettre ouverte à Bachar El Assad, Président de la République Arabe Syrienne

North Africa & Middle East
Paris, le 5 septembre 2001

Monsieur le Président de la République,

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) est extrêmement préoccupée par la nouvelle de l'arrestation de l'ancien prisonnier politique Riyad Turk, le samedi 1er septembre, par les services de renseignements militaires syriens.

La FIDH a toutes les raisons de craindre que son arrestation ne soit motivée que par les déclarations critiques de Riyad Turk à l'égard du défunt président Hafez Al Assad et qu'elle ne vise qu'à sanctionner l'exercice par un opposant politique de sa liberté d'expression, un droit pourtant garanti par le Pacte international relatifs aux droits civils et politiques, ratifié par la Syrie en 1976. La FIDH considère donc que l'arrestation de Riyad Turk est arbitraire.

Cette arrestation est d'autant plus préoccupante que l'état de santé deRiyad Turk, libéré en mai 1998 après avoir passé 17 ans en prison, est instable.

La FIDH constate par ailleurs que le contexte dans lequel cette arrestation intervient reste caractérisé par un décalage préoccupant entre les engagements internationaux de la Syrie sur les droits de l'Homme et ses législations et pratiques en la matière.

La FIDH vous prie de prendre les mesures nécessaires pour que la Syrie se conforme au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et en particulier :
- la libération immédiate de Riyad Turk ;
- la levée de l'état d'urgence ;
- la libération immédiate des prisonniers malades et de tous les prisonniers d'opinion ;
- le rétablissement dans leurs droits et l'indemnisation de tous les prisonniers d'opinion qui ont été libérés ces dernières années et sont aujourd'hui privés de leurs droits civils et politiques ;
- l'amnistie générale permettant le retour de tous les exilés ;
- la reconnaissance légale des Comités de Défense des Libertés Démocratiques et des Droits de l'Homme en Syrie (CDF), dont la crédibilité et la réputation internationales sont établies, et la garantie de la liberté d'action des défenseurs des droits de l'Homme en Syrie, conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l'Homme.

En mars 2001, le Comité des droits de l'Homme des Nations Unies avait formulé des recommandations précises aux autorités syriennes, qui conservent toute leur actualité, sur l'ensemble de ces points.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de ma considération distinguée.

Sidiki Kaba
Président

 

E. MAIL : fidh@fidh.org

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