| Paris,
le 31 août 2001
La FIDH
est particulièrement préoccupée par la
condamnation à un an de prison pour chèques sans
provision de l'ancien agent secret marocain Ahmed Boukhari,
auteur de révélations récentes sur les
circonstances de la disparition et de l'assassinat de l'opposant
marocain Mehdi Ben Barka.
Dans une
lettre adressée au roi du Maroc Mohammed VI, la FIDH
a fait part de ses doutes concernant "l'affaire des chèques
sans provision qui a motivé cette condamnation, (considérant
qu'elle intervenait) trop opportunément, ainsi qu'en
attestent de nombreux indices concordants, pour ne pas y voir
un moyen d'entraver l'action de la justice dans l'affaire Ben
Barka". En effet, en juillet dernier déjà,
Ahmed Boukhari n'avait pas pu se rendre à la convocation
du juge français en charge du dossier car, en l'absence
de réponse des autorités à sa demande,
son passeport n'avait pas été renouvelé.
Par ailleurs, un certain nombre d'irrégularités
dans le déroulement de la procédure judiciaire
ont pu être notées.
La FIDH
a rappelé au roi du Maroc les engagements internationaux
de son pays qui comprennent notamment l'obligation de la lutte
contre l'impunité.
La FIDH a appelé le roi du Maroc "à tout
mettre en uvre pour qu'il soit effectivement répondu,
dans les meilleurs délais aux exigences de vérité
et de justice s'agissant des violations des droits de l'Homme
au Maroc, sans lesquelles aucune réconciliation nationale
ni transition politique ne pourront être possibles".
La FIDH suivra avec la plus grande attention le procès
en appel de l'affaire Boukhari qui devrait se tenir dans les
prochaines semaines.
Contact
Presse : Patrick Baudouin, Président d'honneur de la
FIDH
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