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L'Observatoire pour la protection des défenseurs des
droits de l'Homme l'Homme et ASF - Belgique demandent à
ce mécanisme onusien composé d'experts indépendants
de considérer comme arbitraire la détention du
Capitaine Adib, à qui il reste à purger près
d'un an et demi d'emprisonnement pour avoir dénoncé
des faits de corruption au sein de l'armée.
Paris, Genève, Bruxelles, le 20 avril 2001 : Ce
n'est que parce qu'il a été témoin de faits
de corruption au sein de l'armée marocaine, parce qu'il
a refusé de s'y impliquer et parce qu'il l'a dénoncée
- en particulier au journal français Le Monde -, que
le Capitaine Adib a été condamné à
une peine de deux ans et demi d'emprisonnement au Maroc, ainsi
qu'à sa radiation de l'armée pour " violation
de consigne " et " outrage à l'armée
".
L'Observatoire pour la protection des défenseurs des
droits de l'Homme (programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT)
et Avocats Sans Frontières considèrent que la
détention du Capitaine ADIB est arbitraire parce qu'elle
constitue une violation du Pacte international relatif aux droits
civils et politiques, ratifié par le Royaume du Maroc
en 1979, en particulier du droit à la liberté
d'opinion et d'expression et du droit à un procès
équitable. En effet :
1- L'arrestation, la détention préventive et la
condamnation de Monsieur ADIB sont motivées exclusivement
par le fait qu'il a fait usage de son droit à la liberté
d'expression (article 19 du Pacte), en dénonçant
auprès du journal Le Monde des faits de corruption dans
l'armée ainsi que les brimades qu'il subissait pour avoir
dénoncé ces faits à sa hiérachie.
Le Monde a publié, le 16 décembre 1999, un article
intitulé " Des officiers marocains dénoncent
la corruption qui sévit dans l'armée ", dans
lequel le Capitaine ADIB était cité nommément
comme l'une des sources de l'information.. Il a été
puni pour avoir voulu - pourtant dans le respect de la législation
marocaine et des instruments internationaux relatifs aux droits
de l'Homme - briser la loi du silence qui entoure la corruption
dans l'armée marocaine.
2- Les principes, garantis par le Pacte international, de la
présomption d'innocence et du droit de toute personne
à être entendue équitablement par un tribunal
impartial, ont été gravement bafoués aux
diverses étapes de son procès, devant le Tribunal
permanent des Forces Armées Royales et devant la Cour
suprême du Maroc.
Avocats Sans Frontières - Belgique et l'Observatoire
pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme
considèrent que le Capitaine Adib, en dénonçant
la corruption dans l'armée, n'a fait que demander le
respect des droits de l'Homme au Maroc, conformément
à la Déclaration sur les défenseurs des
droits de l'Homme.
Les organisations saisissent le Groupe de travail des Nations
Unies sur la détention arbitraire du cas du Capitaine
Adib et lui demandent de déclarer sa détention
arbitraire. Elles appellent les autorités marocaines
à le libérer de manière inconditionnelle
et immédiate.
Contact
presse : FIDH : Driss El Yazami 33 1 3+43 55 25 18 / ASF : Caroline
Stainier 32 475 94 08 26
E. MAIL
: fidh@fidh.org - INTERNET:
http://www.fidh.org
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