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Paris, le 13
décembre 2001
La FIDH publie
ce 17 décembre, un rapport intitulé " Les sanctions
contre l'Irak au regard des droits de l'Homme : une méthode
dévastatrice, injustifiée et inacceptable ".
L'embargo international
frappant l'Irak depuis 1990 constitue en lui-même une cause
de violations systématiques des droits de l'Homme. Celles-ci
sont encore aggravées par l'instrumentalisation qui en est
faite par le régime de Saddam Hussein. Porteur d'effets radicalement
contraires à ceux censés être recherchés
par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l'embargo
a des conséquences économiques et sociales dévastatrices
pour les populations irakiennes, et contribue au maintien au pouvoir
d'un régime dictatorial.
La FIDH a condamné
depuis 1992 le recours à de tels embargos " ayant des
conséquences directes ou indirectes sur les populations civiles,
qu'ils soient le fait d'un gouvernement ou de la communauté
internationale, qu'ils s'appliquent indistinctement ou prévoient
des mécanismes de sauvegarde humanitaire " (31ème
congrès de la FIDH, 25 janvier 1992). Elle a réaffirmé
au cours de son 34ème congrès, à Casablanca
en janvier 2001, sa demande de la levée de l'embargo contre
l'Irak.
La FIDH a demandé
constamment, depuis plusieurs années, à pouvoir mener
une enquête internationale sur la situation des droits de
l'Homme en Irak, y compris sur les conséquences de l'embargo,
sans jamais recevoir de réponse des autorités irakiennes.
Elle a réitéré en 2001 cette demande sans davantage
recevoir de réponse de celles-ci. La FIDH réaffirme
sa disponibilité à mener une telle enquête.
Mais, devant
l'impossibilité de se rendre en Irak, la FIDH publie une
analyse juridique sur les sanctions contre l'Irak au regard du droit
international. La FIDH recommande ainsi :
- la fin complète des sanctions économiques. Le régime
actuel n'est plus acceptable en raison de l'effet cumulé
des sanctions sur une longue période. Un aménagement
de ce régime ne suffit plus à répondre aux
obligations de tous les Etats envers le peuple irakien en matière
de droits économiques et sociaux.
- le maintien d'un embargo sur les armes et le contrôle des
matériels à usage mixte. Un tel embargo est justifié
par la capacité militaire irakienne tant qu'un tel gouvernement
préside aux destinées du peuple irakien, et ce à
des fins préventives. Sur ce point, il faut affirmer très
clairement que la lutte contre la prolifération et la course
aux armements doit constituer un objectif de la lutte pour les droits
de l'Homme.
- en complément des mesures précédentes, le
recours à des mesures individuelles, notamment le gel des
avoirs des gouvernants irakiens placés à l'étranger.
Ces mesures devraient être exclusivement justifiées
par les violations des droits de l'Homme en Irak dont ils se rendent
coupables.
- le maintien provisoire des zones d'exclusion aérienne jusqu'à
réévaluation de la situation des droits de l'Homme
en Irak.
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