| 23
novembre 2001
La FIDH
se félicite de la publication aujourd'hui même
par la Commission européenne d'un avis dans le Journal
Officiel des Communautés européennes à
l'intention des importateurs et des opérateurs économiques.
Cet avis les avertit de la possibilité que les biens
produits dans les territoires occupés (colonies) et importés
en Europe avec des tarifs douaniers préférentiels
en vertu de l'Accord d'association UE/Israël fassent l'objet
d'une taxe.
L'Accord
qui lie l'Union européenne et Israël prévoit
des avantages tarifaires au profit des biens exportés
par Israël. Jusqu'à présent, les biens produits
dans les territoires occupés (colonies) ont bénéficié
indûment de ces avantages, alors que les résolution
des Nations Unies considèrent que les frontières
d'Israël n'englobent pas les territoires occupés
depuis 1967.
L'avis publié
aujourd'hui par la Commission européenne lui permettra
de taxer ces biens rétroactivement à la date du
23 novembre 2001 si Israël se voit ultérieurement
condamner par un arbitrage indépendant décidé
sur le fondement de l'Accord d'association.
Par ailleurs,
le Conseil d'association qui devait réunir des responsables
européens et israéliens au niveau ministériel
s'est tenu le 20 novembre.
Le Ministre
des Affaires étrangères israélien n'ayant
pu assister à la réunion, le dialogue politique
n'a pas eu lieu. Ce dialogue devait permettre aux parties d'aborder
des questions brûlantes touchant notamment au respect
des droits de l'Homme et du droit international humanitaire
par l'Etat d'Israël.
La FIDH
regrette que ce dialogue n'ait pu prendre place et appelle les
parties à fixer dans les plus brefs délais une
nouvelle date pour la tenue d'un tel dialogue. En effet, le
dialogue politique constitue un des volets de l'Accord d'association
et en vertu de l'accord, la question des droits de l'Homme doit
être systématiquement abordée dans ce cadre.
Si le dialogue politique est éludé et reporté
sine die, cela signifie qu'un aspect essentiel de l'Accord n'est
pas mis en uvre.
Par ailleurs,
les Etats membres de l'Union européenne ne sont pas parvenus
à un accord pour demander un arbitrage sur la question
de l'interprétation du champ d'application géographique
de l'Accord. Israël a réitéré sa position
à cet égard, qui revient à légitimer
l'occupation israélienne et l'existence des colonies
dans les territoires occupés, en violation de nombreuses
résolutions des Nations Unies.
La FIDH
regrette que l'Union européenne n'ait pas saisi l'occasion
de la réunion du 20 novembre pour mettre en harmonie
ses actes et ses paroles. En effet, au sein de la Commission
des droits de l'Homme des Nations Unies, l'Union européenne
parraine chaque année une résolution condamnant
Israël pour l'implantation et le développement des
colonies dans les territoires occupés. En n'allant pas
jusqu'au bout de la procédure de règlement des
différends prévue par l'Accord, qui prévoit
un arbitrage indépendant, l'Union européenne trahit
la position qu'elle défend au sein des Nations Unies.
La FIDH
appelle l'Union européenne à mettre fin au plus
vite à cette contradiction et à prendre ses responsabilités.
Les Etats membres de l'Union européenne devraient demander
un arbitrage, complétant ainsi l'initiative prise aujourd'hui
par la Commission européenne.
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