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Paris,
Genève, 20 novembre 2001
Le procès
de Nawal El Saadaoui s'inscrit dans le contexte d'intolérance
qui prévaut en Egypte, entretenu par les courants islamistes
avec l'assentiment tacite des autorités, et qui représente
un danger permanent pour toutes les libertés.
Nawal El
Saadaoui, figure historique et symbole de l'engagement pour
la défense des droits des femmes en Egypte a été
victime d'une campagne très violente orchestrée
par des extrémistes islamistes depuis la parution le
27 mars dernier d'un article où ses propos, portant notamment
sur les droits des femmes, avaient été déformés.
En avril 2001, un avocat, fondant sa requête sur une ancienne
jurisprudence musulmane dite de la hisba, a engagé une
action en citation directe devant le tribunal du statut personnel
du Caire, demandant à ce dernier de prononcer l'annulation
du mariage de Nawal El Saadaoui et de Sherif Hatata pour hérésie
ayant entraîné apostasie.
La FIDH
et l'OMCT dans le cadre de leur programme conjoint l'Observatoire
pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme,
ont mandaté Me Alya Chérif Chammari, avocate à
la Cour de cassation (Tunisie), en tant qu'observatrice judiciaire,
à l'audience du procès de Nawal El Saadaoui qui
s'est déroulé le 18 juin 2001, devant le tribunal
du statut personnel du Caire.
Le 30 juillet,
le tribunal a rejeté l'affaire pour nullité de
la procédure.
Le procès
de Nawal El Saadaoui s'inscrit dans un contexte de harcèlement
des défenseurs des droits de l'Homme en Egypte. L'action
des défenseurs est entravée par des atteintes
à la liberté d'association. Les associations ne
peuvent pas recevoir de financement étranger sans être
accusées d'être à la solde de puissances
étrangères, et ce conformément au décret
militaire n° 4 de 1992 adopté en vertu de la loi
sur l'Etat d'urgence (1981). Ainsi, Saad Eddin Ibrahim, directeur
du Centre Ibn Khaldoun pour les droits de l'Homme, a été
condamné à 7 ans de prison le 21 mai 2001, pour
avoir reçu des fonds de l'Union européenne pour
son organisation (cf. rapport de l'Observatoire Legal and judicial
assaults on human rights defenders in Egypt publié en
mai 2001).
Le 19 décembre, se tiendra l'audience près la
cour de cassation de Saad Eddin Ibrahim.
De même, Hafez Abu Sa'ada, Secrétaire général
de l'Organisation égyptienne des droits de l'Homme (EOHR),
et vice-président de la FIDH, est poursuivi pour avoir
accepté, en 1998, une subvention de soutien de l'Ambassade
britannique aux activités de l'EOHR en faveur des femmes.
De plus, un projet de loi sur les associations doit être
présenté au parlement, qui reprend en grande partie
les dispositions de la loi 153 de 1999 sur les " associations
et institutions privées ", jugée anticonstitutionnelle
en juin 2000, et qui soumettait les ONG à un contrôle
accru des autorités.
La FIDH
et l'OMCT demandent notamment aux autorités égyptiennes
- d'interdire le recours à la hisba devant les tribunaux
égyptiens;
- de prendre les mesures nécessaires pour prévenir
et éliminer toute discrimination fondée sur la
religion ou la conviction
- de procéder à libération immédiate
et inconditionnelle de Saad Eddin Ibrahim
- de veiller à ce que le projet de loi sur les associations
en discussion actuellement soit conforme aux dispositions de
la Déclaration sur les défenseurs des droits de
l'Homme adoptée par l'Assemblée générale
des Nations Unies le 9 décembre 1998
- de respecter les instruments internationaux de protection
des droits de l'Homme auxquels l'Egypte est partie ainsi que
la Déclaration sur les défenseurs des droits de
l'Homme
- d'inviter à se rendre en Egypte Mme Hina Jilani, Représentante
spéciale du Secrétaire général des
Nations Unies sur les défenseurs des droits de l'Homme;
L'Observatoire
appelle enfin les Etats membres de l'Union européenne
à évaluer et prendre en compte les mesures prises
par les autorités égyptiennes pour se conformer
à leurs obligations internationales en matière
de droits de l'Homme, lors du processus de ratification de l'accord
d'association avec l'Egypte - dont l'article 2 dispose que les
Etats parties doivent respecter les droits de l'Homme et les
libertés fondamentales.
Contacts:
Bureau presse de la FIDH : tel 33 (0)1 43 55 25 18
Secrétariat de l'OMCT : tel 41 22 808 49 39Nov 2001
Les
défenseurs des droits humains, cibles de l'extrémisme
religieux.
Le procès intenté contre Nawal El Saadaoui
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