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27/09/2001
RSF et
la FIDH transmettent des éléments nouveaux à la justice ivoirienne
Reporters
sans frontières et la Fédération internationale des ligues des
droits de l'homme (FIDH) ont communiqué aujourd'hui des éléments
nouveaux d'une importance capitale au Commissaire du Gouvernement,
dans le cadre du procès des huit gendarmes impliqués dans l'affaire
du charnier de Yopougon.
Le 3 août
dernier, un tribunal militaire a reconnu " non coupables " les
huit gendarmes inculpés, " faute de faits établis à leur égard
". RSF et la FIDH avaient alors protesté contre cette décision,
estimant que le procès ne s'était pas déroulé dans des conditions
justes et équitables. En effet, une trentaine de témoins clés
n'étaient pas venus au tribunal, par peur de représailles. En
outre, de nombreux manquements avaient été relevés dans le déroulement
de l'instruction, notamment l'absence de confrontation entre
les rescapés du charnier et les gendarmes soupçonnés.
C'est dans
ce contexte que RSF et la FIDH, informés de la présence en Europe
d'un des deux rescapés du charnier de Yopougon, ont tenté d'apporter
une contribution significative à la recherche de la vérité,
en organisant une procédure de reconnaissance sur photos des
auteurs du massacre par la victime.
Dans un
souci d'impartialité et d'efficacité, les photos des accusés
ont été disséminées au sein d'un album comprenant 40 photos
d'individus de même apparence. La reconnaissance s'est effectuée
conformément à un protocole extrêmement rigoureux, garantissant
des conditions de neutralité et d'impartialité. Le témoignage
de la victime a ainsi été recueilli par trois personnalités
indépendantes et expérimentées, et sous le contrôle d'un huissier
de justice qui a établi un procès-verbal de la rencontre.
La victime,
rescapée du charnier, a finalement reconnu deux photos parmi
les quarante qui lui étaient présentées, correspondant à deux
des gendarmes inculpés dans l'affaire du charnier, mais acquittés
lors du verdict du 3 août dernier.
RSF et la
FIDH avaient salué l'initiative du Commissaire du Gouvernement
d'introduire un pourvoi en cassation de la décision du tribunal
militaire. Dans le cadre de cette procédure en cours, et considérant
les éléments d'une importance capitale en leur possession, RSF
et la FIDH ont transmis aujourd'hui au commissaire du Gouvernement
ainsi qu'au président de la Cour de cassation, le procès-verbal
certifié par huissier de la rencontre entre la victime et nos
deux organisations.
RSF et la
FIDH se tiennent bien entendu à la disposition de la justice
ivoirienne pour tout complément d'information et espèrent pouvoir
contribuer de façon significative à l'établissement des responsabilités
véritables dans cette affaire.
Le 27 octobre
2000, un charnier de cinquante-sept personnes avait été découvert
à Yopougon, un quartier populaire du nord-ouest d'Abidjan, la
capitale économique de la Côte d'Ivoire. A l'occasion d'une
enquête sur le terrain, la FIDH et RSF avaient "privilégié la
thèse d'actes de vengeance de la part des hommes de la caserne
d'Abobo". Les deux organisations avaient également ajouté que
"des responsables au plus haut niveau de la gendarmerie" semblent
avoir "couvert les agissements des hommes du camp d'Abobo".
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