| Publication
d'un nouveau rapport d'enquête de la FIDH et de Memorial
sur la poursuite des crimes de guerre et crimes contre l'humanité
perpétrés en Tchétchénie et sur le
système d'impunité dont bénéficient
les auteurs et les responsables de ces actes
A la veille de la visite en France de Vladimir Poutine pour
le sommet de la Russie et de l'Union européenne, à
l'heure où la guerre en Tchétchénie est
largement oubliée, méconnue, ou, pour certains,
résolue, la FIDH et l'organisation russe de défense
des droits de l'Homme Memorial publient un nouveau rapport d'enquête
qui démontre que les crimes les plus odieux continuent
d'être perpétrés à l'encontre de
la population civile : exécutions sommaires, disparitions
forcées, tortures, mauvais traitements, viols, persécutions
pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, arrestations
et détentions arbitraires, pillages et extorsions de
fonds, etc
.
La guerre
en Tchétchénie continue de faire des dizaines
de milliers de victimes au cours d'actions militaires (bombardement
et tirs d'artillerie), d'opérations de " nettoyage
" et au sein du système de filtration.
Le nombre
croissant de " personnes disparues " constitue l'une
des caractéristiques les plus frappantes de ces huit
derniers mois. Le 21 septembre 2000, D. Rogozine, député
et président de la délégation russe à
l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe proclamait,
lors d'une audition publique : " 18 000 disparus, ce n'est
pas beaucoup, c'est même peu si l'on pense à tous
les gens réfugiés dans toute la Russie, plus ceux
qui sont partis avant la première guerre ".
La perpétration
de crimes a été reconnue par les autorités
russes elles-mêmes. Vladimir Poutine a même déclaré
le 13 avril 2000 que "toutes les violations et exactions
commises au cours de l'opération anti-terroriste faisaient
l'objet d'une enquête approfondie, quels qu'en soient
les auteurs ". Ces propos ne trouvent en réalité
strictement aucune traduction dans les faits. Le dispositif
mis en place à cet effet se résume à des
mesures cosmétiques et inefficaces. L'inanité
du bureau de Kalamonov, de la Commission de la Douma d'Etat
et de la Commission nationale publique est attestée ;
ces organes ne sont rien d'autre qu'un leurre visant à
satisfaire une communauté internationale peu sourcilleuse.
En outre, le fonctionnement de l'appareil judiciaire en Tchétchénie
est tout sauf impartial et équitable : l'examen du traitement
des plaintes dont est saisi la procurature (instance soumise
au pouvoir exécutif) révèle qu'aucune véritable
enquête n'est menée, et par ailleurs, les tribunaux
civils ne fonctionnent pas. A ce jour, la procurature n'a instruit
que 16 affaires portant sur des crimes commis par des militaires
contre des civils dont quatre ont été portées
devant les tribunaux et quatre déjà amnistiées.
L'impunité est une règle absolue, s'agissant des
crimes commis en Tchétchénie.
Force
est de constater que la Russie n'a rempli aucune des exigences
posées par la communauté internationale depuis
le début du conflit il y a plus d'un an. Personne ne
peut plus croire aux déclarations de Vladimir Poutine
relatives à la Tchétchénie. C'est dans
ce contexte que la France reçoit, dans quelques jours,
le principal et plus important responsable des violations des
droits de l'Homme massives et systématiques perpétrées
en Tchétchénie contre la population civile.
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