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Tchad-CamerounPour qui le
pétrole coulera-t-il ?
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Le 6 juin dernier, la Banque Mondiale a décidé d'apporter son soutien financier au projet d'exploitation et d'exportation du pétrole tchadien. Force est d'observer le caractère insuffisant des garanties fournies en l'état par les parties au projet, qui suscitent de nombreuses et légitimes critiques adressées à la Banque mondiale. Pourtant, un certain nombre de mesures simples peuvent encore être mises en oeuvre pour assurer au projet une gestion transparente et proche des préoccupations des populations civiles. A la veille de la décision de la Banque mondiale de valider le projet, la FIDH avait émis de sérieuses réserves au sujet de la crédibilité du plan de gestion envisagé, des graves violations des droits de l'Homme, notamment dans la région de production, et du risque environnemental. La FIDH avait en outre attiré l'attention des administrateurs de la Banque mondiale sur le caractère déséquilibré du contrat passé entre le gouvernement tchadien et le consortium pétrolier (Exxon, Chevron, Petronas), auquel la Banque mondiale a apporté sa caution. La FIDH détaille dans un rapport qui sera rendu public le vendredi 21 juillet 2000, tous les risques inhérents au projet. A titre d'exemple, les nombreuses déductions fiscales prévues aux termes du contrat passé entre le consortium et l'Etat tchadien (investissements de prospection entre 1969 et aujourd'hui, investissements futurs d'exploitation et de prospection, franchise douanière sur les matériels importés, exonération sur les salaires et revenus rapatriés...) se traduiront, pour le Tchad, par des recettes nulles au titre de l'impôt sur les bénéfices entre les années 2004 et 2013. Cet impôt sur les bénéfices commencera à rentrer à partir de l'année 2014, et s'il était appliqué aux dix années antérieures, on obtiendrait des recettes de 1 731 millions de dollars. Ce montant (l'équivalent de la rente pétrolière tchadienne) donne une idée de l'étendue du manque à gagner fiscal pour l'Etat tchadien, et indirectement pour les populations civiles. En outre la FIDH a relevé de sérieuses irrégularités s'agissant de l'information des populations sur la possibilité de contester notamment le calcul des biens éligibles à compensation. Ainsi, le 14 décembre 1998, le ministère tchadien des finances publiait l'arrêté 43-10 " portant ouverture d'une période d'enquête et de publicité de deux mois relative à l'occupation des terres ", qui devait permettre aux populations concernées de déposer leurs doléances. Outre les cas où l'arrêté 43-10 n'est jamais arrivé à destination, on peut relever des retards de transmission si importants que le délai de deux mois imparti aux populations était expiré. Ainsi, à Miandoum, l'arrêté 43-10 est arrivé le 20 février 1999, soit 6 jours après l'expiration du délai de réclamation. Face à ces déséquilibres et irrégularités, la FIDH préconise que soient mises en place un certain nombre de mesures qui devront accompagner la réalisation du projet, afin d'en assurer un contrôle effectif. La FIDH insiste sur la nécessité d'instaurer un mécanisme de surveillance rigoureux et indépendant qui contrôlera l'exécution du projet au cours de ses différentes phases. Si la Banque mondiale a bien annoncé la création d'un groupe international d'experts (International Advisory Group) pour assurer le suivi du projet, il convient néanmoins de s'assurer que les critères qui vont garantir son efficacité et son indépendance seront respectés. Parmi ces critères, on peut citer notamment les éléments suivants :
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