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Le
porte-parole des CDF vient d'arriver en France
Depuis leur création, le 10 décembre 1989, les Comité
de Défense des Libertés Démocratiques et des Droits
de l'Homme en Syrie (CDF), organisation membre de la FIDH, ont rencontré
d'innombrables difficultés pour réaliser leur mission
de défense des droits de l'Homme dans ce pays. Outre le fait
qu'ils n'ont jamais pu obtenir de reconnaissance légale de la
part des autorités syriennes, plusieurs de leurs militants ont
durement payé leur engagement. Trois d'entre eux demeurent aujourd'hui
en prison depuis 1991.
Toujours interdits en Syrie, les CDF se restructurent néanmoins
peu à peu depuis 1998, année où leur porte-parole,
Maître Aktham Naisse, a été libéré,
après sept années de prison. Le mois dernier, pour la
première fois, ils ont pu tenir leur congrès, certes à
huis clos mais sans être inquiétés par les autorités.
Un nouveau conseil d'administration, composé de dix personnes,
ainsi qu'un bureau du Conseil, ont alors été élus.
Cet événement constitue un signe de l'émergence
d'une société civile en Syrie.
Me Naisse qui, depuis sa sortie de prison, demeurait privé de
son passeport, a pu le récupérer. Il vient d'entamer un
voyage à travers plusieurs pays des deux rives de la Méditerranée,
lors duquel il rencontrera les principales ONG de défense des
droits de l'Homme, nationales, régionales et internationales,
ainsi que divers représentants des autorités de pays européens
et des institutions européennes. Il participera à plusieurs
rencontres internationales, notamment le Forum Civil euro-méditerranéen
qui se tiendra à Marseille du 10 au 12 novembre prochains. Il
devra également recevoir des soins médicaux, sa santé
s'étant détériorée au cours des nombreuses
années qu'il a passées en prison, où il a été
victime de torture et de mauvais traitements.
La FIDH prend acte de ce qui apparaît comme un relâchement
de l'étau qui enserre les défenseurs des droits de l'Homme
en Syrie. Rappelant que la Syrie a ratifié le Pacte international
sur les droits civils et politiques et le Pacte international sur les
droits économiques, sociaux et culturels, elle appelle les autorités
à prendre rapidement des mesures en profondeur pour se conformer
à leurs obligations internationales et mettre en œuvre des réformes
démocratiques.
Les préoccupations de la FIDH et des CDF demeurent en effet très
nombreuses. Les deux organisations recommandent en particulier aux autorités
syriennes
· que tous les prisonniers d'opinion soient libérés
ou jugés par un tribunal indépendant et impartial ;
· que les prisonniers libérés recouvrent la jouissance
de leurs droits civiques et politiques ;
· que les défenseurs des droits de l'Homme puisse travailler
librement et, notamment, que les CDF soient légalement reconnus
;
· que l'Etat d'urgence, en vigueur depuis 1963, soit levé.
La FIDH, qui accompagne les CDF depuis leur création, exprime
sa solidarité avec ses militants et réaffirme son engagement,
à leurs côtés, en faveur des droits de l'Homme en
Syrie.
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