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Le débat
sur la réforme des Institutions de Bretton Woods (IBW) est à
nouveau à l'ordre du jour alors que s'ouvrent les Réunions
annuelles de la Banque Mondiale et du FMI à Prague le 19 Septembre
prochain.
La FIDH se félicite que le développement et la lutte contre
la pauvreté soient au centre des débats cette année.
Plus généralement, la FIDH accueille positivement l'évolution
des deux institutions qui sont passées d'une application uniforme
et indifférenciée des recettes macro-économiques
du Consensus de Washington à la prise en compte de la dimension
politique de leurs réformes. La revalorisation du rôle
de l'Etat et la mise en place de partenariats avec la société
civile en offrent un bon exemple.
La FIDH s'étonne toutefois que les documents de réforme
ne fassent jamais, ou alors uniquement de manière anecdotique,
référence aux textes internationaux de droits de l'homme.
La FIDH rappelle que si, en tant qu'institutions spécialisées
de l'ONU, la BM et le FMI en sont fonctionnellement indépendantes,
il appartient cependant à tous les organes de la société,
et pas uniquement aux Etats, d'œuvrer pour la reconnaissance et l'application
effective des droits de l'Homme. Les IBW sont donc tenues de respecter
les droits de l'Homme dans l'élaboration et la mise en œuvre
de leurs politiques. Cela est malheureusement loin d'être le cas
aujourd'hui. En effet, l'impact terriblement négatif des programmes
d'ajustement des IBW sur les droits fondamentaux des populations est
largement reconnu (y compris par les instances droits de l'Homme de
l'ONU). A cet égard, la FIDH regrette que la BM, qui dresse dans
son dernier rapport un constat des causes de la pauvreté dans
le monde, oublie de faire sa propre autocritique en évaluant
l'impact de ses programmes passés sur les droits des populations
sous ajustement. La crédibilité du virage " social
" de la Banque est pourtant à ce prix.
Dans le cadre du soutien financier de la BM à des projets de
développement, La FIDH note par ailleurs que " l'intervention
d'une organisation internationale publique dont la mission est d'œuvrer
pour le développement conduit trop souvent à privilégier
les intérêts d'opérateurs économiques privés
internationaux.
(communiqué
FIDH, " Tchad-Cameroun : pour qui le pétrole
coulera-t-il ?"0.20/07/00)
L'ensemble des textes internationaux " droits de l'Homme "
offre un cadre global et cohérent pour lutter contre la pauvreté
: les IBW doivent impérativement utiliser et respecter ces instruments.
Par ailleurs, il est clair qu'une collaboration étroite avec
les agences de l'ONU qui travaillent depuis longtemps sur les questions
du développement (PNUD, OMS, CNUCED, Haut Commissariat aux DH…)
est nécessaire. A ce titre, il est intéressant de noter
que ces différentes institutions n'aient pas la même définition
de la pauvreté. En effet, alors que l'indice de développement
humain mis au point par le PNUD fait l'objet d'un large consensus, la
Banque se refuse quant à elle à utiliser cet indice synthétique
et privilégie une approche " pluri-dimensionnelle "
: la route de la collaboration risque donc d'être longue.
D'autre part, la focalisation des IBW sur la lutte contre la pauvreté
renouvelle de façon pressante la question de la transparence
et la démocratisation de ces institutions, en particulier quant
à la question du droit de vote. Il est inacceptable que des décisions
touchant les populations les plus démunies de la planète
soient assujetties aux intérêts géopolitiques des
plus grandes puissances économiques.
Enfin, la question de la responsabilité de ces institutions est
toujours en suspens. A ce jour en effet, aucun mécanisme ne permet
de contrôler voire sanctionner ces institutions au pouvoir énorme.
Il importe en effet que pouvoir et responsabilité coïncident
enfin, et que ces institutions, dont les programmes et politiques affectent
directement la vie de millions d'individus, fassent l'objet d'un contrôle
démocratique accru. La question de l'impunité des nouveaux
acteurs de la mondialisation (IBW, OMC, sociétés transnationales…)
est très certainement l'un des plus grands défis qu'aura
à relever la communauté internationale dans ces prochaines
années.
La FIDH sera
présente à Prague du 20 au 24 septembre 2000
Contact : Anne Christine Habbard / Marie Guiraud
Tel : 06 16 54 09 82
Hotel Standart, Pristavni street 2, Prague 7, tel: +420-2-
87 52 58, fax: +420-2-806 752
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