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Paris,
le 21 Novembre 2000,
pour
diffusion immédiate
Les Etats-Unis
ont été l'un des sept Etats à voter contre
le Statut de la Cour pénale internationale (CPI) à
Rome en juillet 1998. Ils ne soutiennent la création
de juridictions pénales supranationales que si elles
naissent d'une résolution du Conseil de sécurité.
N'ayant pas obtenu à Rome que le Conseil de sécurité
ait le contrôle effectif de la Cour, les Etats-Unis cherchent
depuis à garantir une immunité totale pour leurs
ressortissants face à la future CPI.
En application
du statut de Rome, si l'Etat de la nationalité de l'accusé
ou l'Etat sur le territoire duquel le crime a été
commis est un Etat partie, la CPI est compétente. Ainsi
la CPI serait-elle compétente pour connaître du
crime commis par un soldat américain sur le territoire
d'un Etat partie. Pour les Etats-Unis, Etat non partie, une
telle situation est inacceptable : ils cherchent donc à
limiter les conditions de la remise des nationaux des Etats
non parties à la Cour en la conditionnant à l'autorisation
expresse de l'Etat de la nationalité de l'accusé.
Il y
a de fortes raisons de croire que la délégation
des Etats Unis présentera lors de la prochaine session
de la Commission Préparatoire, du 27 novembre au 8 décembre,
une proposition dans ce sens à intégrer dans l'Accord
de coopération entre les Nations Unies et la Cour Pénale
internationale. Ce serait revenir sur une proposition catégoriquement
rejetée par 120 Etats à Rome lors de l'adoption
du statut.
Il est
fondamental que la France, qui a démontré son
engagement politique en faveur de la Cour en ratifiant son Statut
le 09 juin 2000, reste ferme et non complaisante vis à
vis de la position américaine en réaffirmant,
lors des négociations à venir, le principe fondamental
du maintien de l'intégrité du Statut tel qu'adopté
à Rome en juillet 1998 et ratifié depuis par 22
pays. La crédibilité, le fonctionnement et l'indépendance
de la future CPI sont aujourd'hui menacés !
La Coalition française pour la Cour pénale internationale
demande expressément à la France, premier membre
permanent du Conseil de sécurité à avoir
ratifié le Statut et qui assure actuellement la présidence
de l'Union européenne :
1. D'adopter une position ferme et de faire en sorte que les
Quinze adoptent une position commune tout aussi ferme, de sorte
que les initiatives américaines n'aboutissent pas.
2. De
maintenir cette position face à toute autre proposition
de même nature lors de la sixième session de la
Commission préparatoire du 27 novembre au 08 décembre
2000 qui viserait directement ou indirectement à conditionner
la remise d'un ressortissant d'un Etat non partie à la
Cour à l'autorisation de l'Etat de la nationalité
de l'accusé.
Pour plus d'information :
A Paris - Jean FOLLANA, Président de la Coalition française
pour la Cour pénale internationale et représentant
d'Amnesty International section française (tél.
01 53 38 65 65)
A New York - Jeanne SULZER, Chargée du programme Justice
internationale au Secrétariat International de la FIDH
(tél. 06 12 18 06 41 et au siège de la FIDH à
Paris : 01 43 55 25 18)
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