Comme de nombreux peuples autochtones aujourd’hui, le peuple Mapuche s’élève contre l’exploitation aveugle de son environnement. Ce lien et cette réciprocité avec la nature constituent en effet la base de sa culture et de son appartenance au monde.
Originaires du sud du Chili et de l’Argentine, les Mapuches représentent près de 10% de la population chilienne. C’est l’un des rares peuples d’Amérique Latine à avoir résisté à l’invasion coloniale : la couronne espagnole lui avait reconnu un territoire de près de 10 millions d’hectares. Mais, annexées par la République chilienne en 1810, les terres mapuches ont été, depuis, constamment usurpées par les gouvernements successifs, revendues aux colons, puis aux multinationales d’exploitation forestière et hydroélectrique pour la construction de méga-projets (International Paper, Minico, Arauco ltda, Endesa-Espagne, etc...). Aujourd’hui, seuls 5% des terres qu’ils occupaient autrefois demeurent en leur possession.
Les Mapuches sont soumis à une forte discrimination sociale, économique et raciale, comme la plupart des peuples indigènes en Amérique Latine. Discrimination aggravée par une violente répression exercée notamment par des milices paramilitaires financées par des propriétaires terriens et par l’application de la Loi Antiterroriste, promulguée en 1984 sous la dictature de Pinochet, qui associe certaines actions de revendication des communautés mapuches à des actes terroristes. Aujourd’hui, les mesures de « réparation » restent insuffisantes : de nombreux Mapuches sont emprisonnés, condamnés à des peines de prison démesurées sans avoir bénéficié d’un procès juste et équitable. Malgré les initiatives proposées par la Loi Indigène de 1993, le peuple mapuche, dont l’autonomie politique n’a jamais été reconnue par la République chilienne, ne bénéficie pas de la reconnaissance de son droit coutumier.
Nous qui signons ce texte :
dénonçons l’application arbitraire et partiale des lois anti-terroristes.
Cet appel sera transmis à :
Président(e) du Chili, Ministre chilien de la justice, Ministre chilien des relations extérieures, Ministre chilien de l’intérieur (programme des droits humains), Intendant de la IX région du Chili (La Auracania), bureau des droits humains et des libertés fondamentales des indigènes du haut commissariat des Nations Unies pour les droits humains, Commissariats européens des relations extérieure et du commerce.
Premiers signataires :
A Filleta (musiciens), Bernard Giraudeau (comédien), Danielle Mitterrand (Présidente de France Libertés), Denez Prigent (chanteur), Grand corps malade (slameur), Jack Lang (député)), Marcel et son Orchestre (musiciens), Oscar Castro (metteur en scène), Osvaldo Torres (compositeur), Serge Orru (président du Festival du vent), Sergent Garcia (chanteur), Tignous (dessinateur), Tryo (musiciens), Victoria Abril (actrice), etc.
* Kolektivox est un collectif libre, de solidarité avec le peuple mapuche qui oeuvre, depuis 1999, à informer et sensibiliser les médias et la société civile européenne sur la situation politique et juridique du peuple mapuche et alerter sur les violations qui sont commises contre lui eu égard à ses droits collectifs élémentaires. Kolektivox tente également d’apporter une aide concrète aux familles mapuches victimes de la répression.










