Alors que les citoyens nigériens s’apprêtaient à se rendre aux urnes en décembre 2009 pour élire un nouveau Président de la République (la Constitution du Niger interdisant au Président en exercice de se représenter pour un troisième mandat), le Président Tandja Mamadou en a décidé autrement. Dans l’objectif de prolonger son mandat de 3 ans, le Président a unilatéralement décidé de réviser la Constitution par voie de référendum ce, à moins de six (6) mois de la fin de son mandat.
Pour réussir son plan, le Président a dissous le Parlement et la Cour constitutionnelle opposés à cette révision et s’est octroyé indûment les pleins pouvoirs (utilisation de l’article 53) pour interdire toute manifestation de l’opposition et légitimer la répression de toute voix dissidente ; pour l’ANDDH et la FIDH, la tenue de ce référendum était illégale.
C’est donc dans ce contexte de coup d’État constitutionnel que l’ANDDH avait décidé d’enquêter sur les conditions du déroulement du processus référendaire et d’observer les élections législatives.
Les résultats de ces investigations et observations ont révélé de graves irrégularités.
S’agissant du référendum, les enquêteurs de l’ANDDH ont relevé les irrégularités suivantes :
Les élections législatives ont, quant à elles, été émaillées des irrégularités suivantes :
A l’heure actuelle, la médiation entamée sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) semble piétiner malgré les efforts du médiateur et du Cadre Indépendant de la Société Civile pour trouver une voie de sortie de crise.
Or, si cette crise perdure, le pays risque de faire face à de graves difficultés dont les citoyens seront les premières victimes. L’isolement diplomatique et les sanctions économiques ont déjà frappé le Niger en réaction au déficit démocratique : d’ores et déjà, la CEDEAO a suspendu le Niger de toutes ses instances et l’Union européenne a gelé son appui budgétaire et son aide au développement. Il en est de même pour certains partenaires bilatéraux tels que le Danemark et les États-Unis qui ont également suspendu leur aide au développement.
A tous ces problèmes d’ordre politique s’ajoute l’inquiétude de la situation humanitaire consécutive à une désastreuse campagne agro-pastorale en 2009 qui risque de plonger près de 7,8 millions de personnes en situation de vulnérabilité accrue si rien n’est fait. L’ANDDH avait pourtant tiré la sonnette d’alarme dès octobre 20091 sur la gravité de la situation, qui a été confirmée par une enquête gouvernementale depuis lors.
Au regard de la gravité de la situation tant sur le plan social, économique que politique, l’ANDDH et la FIDH demandent notamment :










