Après son arrestation, Joao Vaz Mane a été conduit sur le lieu d’un meurtre commis la veille, et a été présenté par la police à la population comme l’auteur du crime. Plusieurs personnes se sont précipitées pour le frapper, avant que d’autres ne le reconnaissent comme étant Vice-président de la LGDH et arrêtent le lynchage.
M. Joao Vaz Mane a ensuite été conduit au commissariat principal de la police « Segunda Esquadra » et a été insulté et menacé de mort par les forces de l’ordre pendant 5 heures avant d’être libéré.
L’Observatoire exprime son inquiétude quant aux atteintes à l’intégrité physique et psychologique subies par M. Joao Vaz Mane. L’Observatoire note que ces actes participent d’une stratégie de musellement de toute critique à l’encontre du pouvoir, et particulièrement de la police, qui s’est accentuée depuis le coup d’Etat de septembre 2003 et l’arrivée au pouvoir des militaires. L’Observatoire rappelle les menaces portées par le Commissaire général de la police M. Bitchofla Na Fafé à l’encontre de M. Joao Vaz Mane en juillet 2003, l’accusant notamment de communiquer de fausses informations, alors qu’il dénonçait des agissements criminels de certains agents de la police.
Ces faits portent atteinte à l’article 6 (b) de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’Homme, qui dispose que " Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres [...] conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales".
L’Observatoire prie les autorités bissau-guinéennes de :
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre plus haute considération.
Sidiki KABA Président de la FIDH Eric Sottas Directeur de l’OMCT









